THYROZOL 10 mg, comprimé pelliculé sécable
Classe médicamenteuse
Préparation anti-thyroïdienne, dérivé de l’imidazole contenant du soufre | code ATC : H03BB02
Composition
Thiamazole............................................................................................................................. 10 mg
Pour un comprimé pelliculé.
Excipient à effet notoire : contient 195 mg de lactose par comprimé, voir rubrique 4.4.
Indications thérapeutiques
Traitement de l’hyperthyroïdie, notamment :
- traitement conservateur (médical) de l’hyperthyroïdie, en particulier en l’absence de goitre ou en cas de goitre de petite taille,
- préparation à la chirurgie pour toutes les formes d’hyperthyroïdie,
- préparation du traitement à l’iode radioactif, en particulier chez les patients atteints d’hyperthyroïdie grave,
- traitement intermédiaire après un traitement à l’iode radioactif,
- traitement prophylactique pour les patients atteints d’hyperthyroïdie subclinique, d’adénomes autonomes, ou présentant des antécédents d’hyperthyroïdie et pour lesquels une exposition à l’iode est indispensable (par exemple réalisation d’un examen utilisant un milieu de contraste contenant de l’iode).
Posologie et mode d'administration
Le thiamazole est le métabolite actif du carbimazole, mais 1 mg de thiamazole n’est pas équivalent à 1 mg de carbimazole. Il convient d’en tenir compte lorsque l’on commence un traitement par le thiamazole ou en cas de passage du carbimazole au thiamazole. Les recommandations posologiques suivantes doivent être respectées.
Posologie
Adultes
Selon la gravité de la maladie et l’apport en iode, on commence habituellement le traitement à des doses quotidiennes de thiamazole comprises entre 10 et 40 mg. Dans de nombreux cas, l’inhibition de la production d’hormones thyroïdiennes peut habituellement être atteinte avec des doses initiales de 20 à 30 mg de thiamazole par jour. Dans des cas moins graves, la dose inhibitrice complète n’est pas toujours nécessaire et on peut donc utiliser une dose initiale plus faible. Dans les cas graves d’hyperthyroïdie, une dose initiale de 40 mg de thiamazole peut être nécessaire.
La dose est ajustée au cas par cas en fonction de l’état métabolique du patient, comme l’indique l’évolution du statut des hormones thyroïdiennes.
Pour le traitement d’entretien, l’une des possibilités de traitement suivantes est recommandée :
a) dose d’entretien quotidienne de 5 à 20 mg de thiamazole en combinaison avec de la lévothyroxine pour éviter l’hypothyroïdie,
b) monothérapie avec des doses quotidiennes de 2,5 à 10 mg de thiamazole.
En cas d’hyperthyroïdie induite par l’iode, les doses nécessaires peuvent être plus fortes.
Population pédiatrique
Utilisation chez les enfants et les adolescents (âgés de 3 à 17 ans)
La posologie initiale pour le traitement des enfants et des adolescents (âgés de 3 à 17ans) doit être adaptée en fonction du poids corporel des patients. Habituellement, le traitement est initié avec une dose quotidienne de 0,5 mg / kg, répartie en deux ou trois prises à doses égales. Pour le traitement d’entretien, la dose quotidienne peut être réduite et administrée en une seule prise, suivant la réponse du patient au traitement. Un traitement supplémentaire, par la lévothyroxine, peut être nécessaire pour éviter l’hypothyroïdie.
Il convient de ne pas dépasser la dose maximale de 40 mg de thiamazole par jour.
Utilisation chez les enfants (jusqu’à 2 ans)
La sécurité et l’efficacité du thiamazole chez les enfants (jusqu’à 2 ans) n’ont pas encore été systématiquement établies. L’utilisation du thiamazole chez les enfants âgés (jusqu’à 2 ans) n’est donc pas recommandée.
Traitement conservateur de l’hyperthyroïdie
L’objectif de ce traitement est d’obtenir un état métabolique euthyroïdien et une rémission prolongée après un traitement de durée limitée. Selon le choix des patients traités, une rémission peut être obtenue au maximum pour 50 % des patients, après un délai d‘un an. Les taux de rémission rapportés varient considérablement sans qu’on puisse expliquer complètement ce phénomène. Le type d’hyperthyroïdie (immunogénique ou non immunogénique), la durée du traitement, la dose de thiamazole ainsi que les apports alimentaires ou iatrogènes en iode sont probablement des facteurs qui ont une influence.
Le traitement conservateur de l’hyperthyroïdie est administré habituellement en continu pendant 6 mois à 2 ans (un an en moyenne). Statistiquement, la probabilité de rémission augmente avec la durée du traitement. Dans les cas où la rémission de la maladie n’est pas possible et où des mesures thérapeutiques définies ne sont pas applicables ou sont refusées, le thiamazole peut être utilisé comme traitement anti-thyroïdien à long terme, à la dose la plus faible possible, sans lévothyroxine ou en association avec de faibles doses de lévothyroxine.
Pour les patients présentant des goitres de grande taille avec constriction de la trachée, le traitement par le thiamazole doit être court, voire évité, car l’administration de cette substance à long terme peut entraîner une croissance du goitre. Il peut être nécessaire de surveiller particulièrement étroitement le traitement (niveau de TSH, diamètre de la trachée). Le traitement est de préférence combiné à une administration additionnelle de lévothyroxine.
Traitement préopératoire
Un traitement préalable temporaire (3 à 4 semaines ou plus, si nécessaire dans certains cas) peut aider à atteindre un état métabolique euthyroïdien, ce qui permet de réduire les risques liés à la chirurgie.
La chirurgie doit être pratiquée dès que le patient est euthyroïdien. Sinon, il convient d’administrer de la lévothyroxine en supplément. Le traitement peut être arrêté la veille de l’intervention.
La friabilité du tissu thyroïdien et le risque hémorragique accrus induits par le thiamazole peuvent être compensés par l’administration préopératoire supplémentaire d’iode à hautes doses pendant les dix jours précédant l’intervention (traitement par l’iode de Plummer).
Préparation d’un traitement à l’iode radioactif
L’obtention d’un métabolisme euthyroïdien avant le début d’un traitement par iode radioactif est importante, en particulier dans les cas d’hyperthyroïdie grave, car des cas de crise thyréotoxique graves post-thérapeutiques sont survenus, dans des cas individuels, après traitement par iode radioactif sans prétraitement.
Remarque : les dérivés du thionamide peuvent réduire la radiosensibilité du tissu thyroïdien. En cas de traitement prévu par iode radioactif d’adénomes autonomes, il convient d’empêcher l’activation du tissu paranodulaire en administrant un prétraitement.
Traitement anti-thyroïdien intermédiaire après un traitement à l’iode radioactif
La durée et la dose du traitement doivent être ajustées pour chaque patient en fonction de la gravité du tableau clinique et du temps estimé nécessaire pour que le traitement par iode radioactif commence à être efficace (environ 4 à 6 mois).
Traitement prophylactique de patients présentant un risque d’hyperthyroïdie résultant de l’administration de substances contenant de l’iode à des fins de diagnostic
En général, des doses quotidiennes de 10 à 20 mg de thiamazole et/ou d’1 g de perchlorate sont administrées pendant environ 10 jours (par exemple pour un milieu de contraste excrété par voie rénale). La durée du traitement dépend de la durée de rétention de la substance contenant de l’iode dans l’organisme.
Populations particulières de patients
Patients ayant une insuffisance hépatique
Chez les patients insuffisants hépatiques, la clairance plasmatique du thiamazole est réduite. La dose doit donc être la plus faible possible et il convient de surveiller étroitement les patients.
Patients ayant une insuffisance rénale
Les données disponibles concernant le comportement pharmacocinétique du thiamazole chez les patients insuffisants rénaux sont limitées ; pour ces patients, il convient d’adapter la dose au cas par cas, sous surveillance étroite. La dose doit être la plus faible possible.
Patients âgés
Bien qu’aucune accumulation de dose ne soit attendue chez le patient âgé, une adaptation soigneuse de la dose au cas par cas est recommandée, sous surveillance étroite.
Administration
Les comprimés doivent être avalés entiers avec une quantité suffisante de liquide.
Pendant le traitement initial à forte dose de l’hyperthyroïdie, les doses quotidiennes ci-dessus peuvent être subdivisées et prises à intervalles réguliers au cours de la journée.
La dose d’entretien peut être prise en une seule fois le matin, pendant ou après le petit-déjeuner.
Voie d'administration
orale
Contre-indications
Ne pas utiliser Thyrozol dans les cas suivants :
- hypersensibilité au thiamazole, à d’autres dérivés du thionamide ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1,
- troubles modérés à graves de la numération globulaire (granulocytopénie),
- cholostase préexistante, non provoquée par l’hyperthyroïdie,
- antécédent de lésions de la moelle osseuse après traitement par le thiamazole ou le carbimazole.
- patients présentant des antécédents de pancréatite aiguë après administration de thiamazole ou de son pro médicament, le carbimazole.
Un traitement associant le thiamazole et des hormones thyroïdiennes est contre-indiqué pendant la grossesse (voir rubrique 4.6).
Mise en garde et précautions d'emploi
Ne pas utiliser Thyrozol dans les cas suivants :
- antécédents de réactions d’hypersensibilité modérées (p.ex. éruptions allergiques, prurit).
Utiliser le thiamazole exclusivement à court terme et en surveillant étroitement le patient dans les cas suivants :
- goitres de grande taille avec constriction de la trachée en raison du risque de croissance du goitre
- Vascularites
En cas d’apparition de symptômes de vascularite, le médicament doit être arrêté si nécessaire. En général, les symptômes sont réversibles après l’arrêt du traitement.
Myélotoxicité
Une agranulocytose a été rapportée dans environ 0,3 à 0,6 % des cas, et il convient d’attirer l’attention du patient sur les symptômes de cette pathologie (stomatite, pharyngite, fièvre) avant le début du traitement. L’agranulocytose survient habituellement pendant les premières semaines du traitement mais peut aussi se manifester quelques mois après le début du traitement et lors de sa réintroduction. Une surveillance étroite de la formule sanguine est recommandée avant et après le début du traitement, en particulier en cas de granulocytopénie légère préexistante. Si l’un de ces symptômes est observé, en particulier pendant les premières semaines du traitement, il convient d’indiquer au patient de contacter immédiatement son médecin pour pratiquer une numération globulaire. Si l’agranulocytose est confirmée, il est nécessaire d’arrêter la prise du médicament.
- D’autres événements indésirables myélotoxiques sont rares aux doses recommandées. Ils ont été rapportés fréquemment en association avec de très fortes doses de thiamazole (environ 120 mg par jour). Ces doses doivent être réservées à des indications spéciales (formes graves de la maladie, crise thyréotoxique). En cas d’apparition d’une toxicité sur la moelle osseuse pendant le traitement par le thiamazole, il convient d’arrêter de prendre le traitement et, si nécessaire, d’utiliser un médicament anti-thyroïdien appartenant à un autre groupe de substances.Pancréatite aiguë
- Des cas de pancréatite aiguë survenus chez des patients recevant du thiamazole ou son promédicament, le carbimazole, ont été rapportés lors de l’utilisation après commercialisation. En cas de pancréatite aiguë, le traitement par thiamazole doit être interrompu immédiatement. Le thiamazole ne doit pas être administré à des patients présentant des antécédents de pancréatite aiguë après administration de thiamazole ou de son promédicament, le carbimazole. Une nouvelle exposition peut entraîner une récidive de la pancréatite aiguë, le délai d’apparition est alors réduit.
- Femmes en âge de procréer et grossesse
Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement. L’utilisation de thiamazole chez les femmes enceintes doit être évaluée au cas par cas en fonction du rapport bénéfice/risque. En cas d’utilisation de thiamazole pendant la grossesse, il convient d’administrer la dose efficace la plus faible sans administration additionnelle d’hormones thyroïdiennes. Une surveillance maternelle, fœtale et néonatale étroite doit être mise en place (voir rubrique 4.6).
Contrôle de l’hyperthyroïdisme
Une dose excessive peut entraîner une hypothyroïdie subclinique ou clinique et la croissance du goitre, en raison de l’augmentation de la TSH. C’est pourquoi la dose de thiamazole doit être réduite dès obtention d’un état métabolique euthyroïdien et il convient, si nécessaire, d’administrer en plus de la lévothyroxine. Il n’est pas utile d’arrêter complètement la prise de thiamazole et de continuer le traitement par la lévothyroxine seule.
La croissance d’un goitre pendant un traitement par le thiamazole, malgré l’inhibition de la TSH, résulte de la maladie sous-jacente et ne peut être empêchée par un traitement supplémentaire par la lévothyroxine.
L’obtention de concentrations normales de TSH est cruciale afin de minimiser le risque d’apparition ou d’aggravation d’une orbitopathie endocrinienne. Cependant, cette pathologie est souvent indépendante de l’évolution de la maladie thyroïdienne. Cette complication ne justifie pas de changer un mode de traitement adéquat et ne doit pas être considérée comme une réaction indésirable au traitement correctement mené.
Une hypothyroïdie tardive peut survenir, à une fréquence faible, après un traitement anti-thyroïdien, sans exiger de mesures supplémentaires d’ablation. Il ne s’agit probablement pas d’un effet indésirable du médicament, mais plutôt de processus inflammatoires et destructeurs survenant dans le parenchyme thyroïdien en raison de la maladie sous-jacente.
La diminution de la consommation d’énergie accrue par l’hyperthyroïdie peut entraîner une prise de poids (généralement souhaitée) pendant le traitement par le thiamazole. Il convient d’informer les patients que l’amélioration du tableau clinique indique une normalisation de leur consommation d’énergie.
- Excipients
Thyrozol contient du lactose ; par conséquent, les patients présentant de rares troubles héréditaires d’intolérance au galactose, un déficit en lactase de Lapp ou une malabsorption du glucose-galactose, ne doivent pas prendre ce médicament.
Ce médicament contient moins de 1 mmol de sodium (23 mg) par comprimé, c’est-à-dire qu’il est essentiellement « sans sodium ».
Condition de prescription
liste I
Groupe générique
Non renseigné
Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Important
Présentation : plaquette(s) PVC-Aluminium de 30 comprimé(s)
Prix : 4.17
Taux de remboursement : 65%
Titulaire : MERCK SANTE