CARBOPLATINE MEDAC 10 mg/mL, solution à diluer pour perfusion
Classe médicamenteuse
Dérivés du platine | Code ATC : L01XA02
Composition
Chaque mL contient 10 mg de carboplatine.
1 flacon de 5 mL de solution à diluer pour perfusion contient 50 mg de carboplatine.
1 flacon de 15 mL de solution à diluer pour perfusion contient 150 mg de carboplatine.
1 flacon de 45 mL de solution à diluer pour perfusion contient 450 mg de carboplatine.
1 flacon de 60 mL de solution à diluer pour perfusion contient 600 mg de carboplatine.
1 flacon de 100 mL de solution à diluer pour perfusion contient 1000 mg de carboplatine.
Indications thérapeutiques
CARBOPLATINE MEDAC, solution à diluer pour perfusion, en monothérapie ou en association avec d’autres médicaments antinéoplasiques, est indiqué dans le traitement des tumeurs malignes suivantes :
- Carcinome de l’ovaire avancé d’origine épithéliale
a. traitement de première ligne
b. traitement de deuxième ligne, après l’échec d’autres traitements.
- Carcinome bronchique à petites cellules
Posologie et mode d'administration
Posologie
La dose recommandée de carboplatine chez les patients adultes non prétraités antérieurement et dont la fonction rénale est normale est de 400 mg/m², administrés sur 15 à 60 minutes par perfusion intraveineuse unique. Il est également possible d’appliquer la formule de Calvert ci-dessous :
Dose (mg) = AUC cible (mg/mL x min) x [DFG mL/min + 25]
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AUC cible |
Chimiothérapie prévue |
Statut du patient en matière de traitement |
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5 - 7 mg/mL min |
Carboplatine en monothérapie |
non prétraité antérieurement |
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4 - 6 mg/mL min |
Carboplatine en monothérapie |
traité antérieurement |
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4 - 6 mg/mL min |
Carboplatine plus cyclophosphamide |
non prétraité antérieurement |
Remarque : avec la formule de Calvert, la dose totale de carboplatine est calculée en mg, et non en mg/m².
La formule de Calvert ne doit pas être utilisée chez les patients lourdement prétraités par les schémas thérapeutiques suivants :
- mitomycine C,
- nitrosourée,
- association thérapeutique de doxorubicine/cyclophosphamide/cisplatine,
- association thérapeutique de 5 agents ou plus,
- radiothérapie ≥ 4500 rad, focalisée sur un champ de 20 x 20 cm ou sur plus d’un champ.
Le traitement par carboplatine doit être arrêté en l’absence de réponse de la tumeur, en cas de maladie progressive et/ou d’apparition d’effets indésirables intolérables.
Le traitement ne devrait pas être répété avant un délai de quatre semaines après la cure précédente du carboplatine et/ou tant que le nombre de neutrophiles n’est pas supérieur ou égal à 2 000/mm3 et le nombre de plaquettes à 100 000/mm3 (voir rubrique 4.4).
Une diminution de 20 à 25 % de la dose initiale est recommandée chez les patients présentant des facteurs de risque tels qu’un traitement myélosuppresseur antérieur (voir également rubrique 4.4) et un faible indice de performance (indice ECOG‑Zubrod 2 – 4 ou indice de Karnofsky inférieur à 80).
Pour les ajustements posologiques ultérieurs, il est recommandé de déterminer le nadir hématologique par des numérations sanguines hebdomadaires au cours des premières cures de traitement par carboplatine.
Sujets âgés
Un ajustement posologique, initial ou ultérieur, peut être nécessaire, en fonction de l’état physique du patient (voir rubrique 4.4).
Insuffisance rénale
L’utilisation d’une posologie optimale de carboplatine chez les patients présentant une altération de la fonction rénale nécessite des ajustements posologiques adéquats et une surveillance fréquente des nadirs hématologiques et de la fonction rénale (voir rubrique 4.4).
Les patients dont la clairance de la créatinine est inférieure à 60 mL/min ont un risque accru de myélosuppression sévère. La fréquence des leucopénies, neutropénies ou thrombocytopénies sévères s’est maintenue à environ 25 % avec les recommandations posologiques suivantes :
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Clairance de la créatinine initiale |
Dose initiale (jour 1) |
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41‑59 mL/min |
250 mg/m² en IV |
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16‑40 mL/min |
200 mg/m² en IV |
Chez les patients ayant une clairance de la créatinine inférieure à 30 mL/min, une évaluation du rapport bénéfice/risque doit être effectuée avant d’instaurer le traitement par le carboplatine.
Les données sur l’utilisation du carboplatine injectable chez les patients dont la clairance de la créatinine est inférieure ou égale à 15 mL/min sont insuffisantes pour établir des recommandations thérapeutiques.
Toutes les recommandations posologiques ci‑dessus s’appliquent à la première cure de traitement. Lors des cures suivantes, la dose devra être ajustée en fonction de la tolérance du patient et du degré de myélosuppression acceptable.
Association thérapeutique
L’utilisation d’une posologie optimale de carboplatine en association avec d’autre agents immunosuppresseurs nécessite des ajustements posologiques adéquats en fonction des schémas thérapeutique et posologique (voir rubrique 4.4).
Population pédiatrique
Les données acquises concernant l’utilisation du carboplatine chez l’enfant étant insuffisantes, il n’est pas possible de recommander une dose particulière pour l’utilisation du carboplatine
Mode d’administration
Le carboplatine doit être utilisé par voie intraveineuse uniquement.
Précautions à prendre avant la manipulation ou l’administration du médicament
Dilution :
Le produit peut être dilué dans une solution de glucose à 50 mg/mL (5 %) pour perfusion à des concentrations comprises entre 0,4 et 2 mg/mL ou une solution de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9 %) pour perfusion à une concentration de 2 mg/mL.
Le carboplatine peut interagir avec l’aluminium et créer un précipité noir. Les aiguilles, seringues, cathéters ou kits d’administration IV contenant des parties en aluminium pouvant entrer en contact avec le carboplatine ne doivent pas être utilisés pour la préparation ou l’administration du médicament (voir rubrique 6.2).
Voie d'administration
intraveineuse
Contre-indications
- Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
- Insuffisance rénale sévère préexistante (clairance de la créatinine < 30 mL/min), sauf si, de l’avis du médecin et du patient, les bénéfices éventuels du traitement l’emportent sur les risques (voir rubrique 4.2).
- Myélosuppression sévère.
- Tumeurs hémorragiques.
- Utilisation concomitante avec le vaccin contre la fièvre jaune (voir rubrique 4.5).
- Antécédents de réaction allergique sévère à d’autres agents contenant du platine.
- Allaitement (voir rubrique 4.6).
Mise en garde et précautions d'emploi
Le carboplatine ne doit être utilisé que par des médecins expérimentés dans l’utilisation de substances actives chimiothérapeutiques anticancéreuses, dans des centres disposant de l’équipement adéquat. Des équipements de diagnostic et de traitement doivent être facilement accessibles pour la gestion du traitement et la prise en charge des éventuelles complications. Des numérations de la formule sanguine ainsi qu’un contrôle des fonctions rénale et hépatique doivent être effectués de façon régulière. Le médicament doit être arrêté si une myélodépression anormale ou une altération anormale de la fonction rénale ou hépatique est observée.
Toxicité hématologique
Les leucopénies, neutropénies et thrombocytopénies sont dose-dépendantes et sont des facteurs limitant la dose. La numération sanguine périphérique doit être contrôlée fréquemment au cours du traitement par carboplatine et, en cas de toxicité, jusqu’au retour à la normale de la numération. Le jour médian d’apparition du nadir est le jour 21 chez les patients recevant du carboplatine en monothérapie et le jour 15 chez les patients recevant du carboplatine en association avec d’autres agents chimiothérapeutiques. En règle générale, les cures uniques d’administrations intermittentes de carboplatine ne doivent pas être répétées avant le retour à la normale de la numération des leucocytes, des neutrophiles et des plaquettes. Le traitement ne devrait pas être répété avant un délai de 4 semaines après la cure précédente du carboplatine et/ou tant que le nombre de neutrophiles n’est pas supérieur ou égal à 2 000/mm3 et le nombre de plaquettes à 100 000/mm3. Des transfusions peuvent être nécessaires et il est recommandé de diminuer la dose pour la suite du traitement.
L’anémie est fréquente et cumulative et nécessite, dans de très rares cas, une transfusion.
Une anémie hémolytique, avec la présence d’anticorps induits par des médicaments sérologiques a été rapportée chez des patients traités par carboplatine. Cet évènement peut être fatal.
La sévérité de la myélosuppression, en particulier de la thrombocytopénie, est accrue chez les patients ayant reçu un traitement antérieur (en particulier par cisplatine) et/ou présentant une insuffisance rénale. Chez ces patients, les doses initiales de carboplatine doivent être réduites de manière appropriée (voir rubrique 4.2) et les effets doivent être étroitement surveillés par des numérations sanguines fréquentes entre les cures.
Des effets myélosuppresseurs peuvent s’ajouter à ceux de la chimiothérapie concomitante. Les patients présentant des myélosuppressions sévères et persistantes sont à risque élevé de développer des complications infectieuses pouvant être fatales (voir rubrique 4.8). Si l’un de ces effets se produisait, le traitement par carboplatine doit être interrompu et une modification de la dose ou un arrêt de traitement doit être envisagé. L’association du carboplatine avec d’autres formes de traitement myélosuppressif doit être planifiée très soigneusement en ce qui concerne les doses et le calendrier, ceci afin de minimiser les effets cumulatifs.
Des cas de leucémie promyélocytaire aiguë et de syndrome myélodysplasique (SMD)/leucémie myéloïde aiguë (LMA) ont été rapportés plusieurs années après le traitement par carboplatine et autres traitements antinéoplasiques.
Syndrome hémolytique et urémique (SHU)
Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est un effet secondaire qui peut engager le pronostic vital. Le traitement par carboplatine doit être arrêté dès les premiers signes d’anémie hémolytique microangiopathique comme une diminution rapide de l’hémoglobinémie avec thrombocytopénie concomitante, une augmentation de la bilirubinémie, de la créatininémie, de l’urémie ou de la LDH. L’insuffisance rénale peut ne pas être réversible à l’arrêt du traitement et une dialyse peut être nécessaire.
Réactions allergiques
Comme avec les autres substances actives à base de platine, des réactions allergiques peuvent apparaître, le plus souvent durant la perfusion, et nécessiter l’arrêt de celle-ci et l’instauration d’un traitement symptomatique approprié. Des réactions croisées parfois mortelles ont été rapportées avec tous les dérivés du platine (voir rubriques 4.3 et 4.8).
Des cas de réactions d’hypersensibilité ayant évolué vers un syndrome de Kounis (spasme coronarien allergique aigu pouvant entraîner un infarctus du myocarde, voir rubrique 4.8) ont été rapportés.
Toxicité rénale
L’incidence et la sévérité de la néphrotoxicité peuvent augmenter chez les patients qui présentent une altération de la fonction rénale avant de recevoir le traitement par le carboplatine. Il n’est pas clairement démontré qu’un programme d’hydratation approprié pourrait contrer un tel effet, mais une réduction de la posologie ou un arrêt du traitement est nécessaire en présence d’une altération modérée de la fonction rénale.
Chez les patients dont la fonction rénale est altérée, les effets du carboplatine sur le système hématopoïétique sont plus importants et durent plus longtemps que chez les patients dont la fonction rénale est normale. Dans ce groupe à risque, le traitement par carboplatine doit être envisagé avec une prudence particulière (voir rubrique 4.2).
Neurotoxicité
Bien que généralement fréquente et d’intensité modérée, limitée à des paresthésies ou à une diminution des réflexes ostéotendineux, la neurotoxicité périphérique est plus fréquente chez les patients de plus de 65 ans et/ou chez les patients déjà traités par cisplatine. Une surveillance et des examens neurologiques doivent être régulièrement effectués.
Des troubles visuels et notamment une perte de la vue ont été rapportés chez des patients présentant une insuffisance rénale, après l’utilisation de carboplatine à des doses supérieures à celles recommandées. Ces troubles visuels semblent se résoudre totalement ou de façon significative dans les semaines suivant l’arrêt de ces fortes doses.
Effets gastro‑intestinaux
Le carboplatine induit des vomissements. L’incidence et la sévérité des vomissements peuvent être réduites par une prémédication à base d’antiémétiques ou l’administration de carboplatine en perfusion continue de 24 heures, ou par l’administration de doses réparties sur 5 jours plutôt qu’en une seule perfusion. Les inhibiteurs sélectifs des récepteurs sérotoninergiques de type 3 (5‑HT3) (p. ex., l’ondansétron) ou les benzamides substitués (p. ex., le métoclopramide) peuvent être des antiémétiques particulièrement efficaces et, chez les patients qui présentent des vomissements réfractaires ou sévères, une association thérapeutique peut être envisagée.
Syndrome leucoencéphalopathique postérieur réversible (SLPR)
Des cas de syndrome leucoencéphalopathique postérieur réversible (SLPR) ont été rapportés chez des patients traités par carboplatine en association avec une chimiothérapie. Le SLPR, réversible après l’arrêt du traitement, est une maladie neurologique rare qui évolue rapidement, vers un état convulsif, de l’hypertension, des céphalées, de la confusion, une perte de la vue et autres troubles visuels et neurologiques (voir rubrique 4.8). Le diagnostic du SLPR est basé sur l’imagerie cérébrale, de préférence l’IRM (imagerie par résonance magnétique).
Maladie veino-occlusive hépatique
Des cas de maladie veino-occlusive hépatique (syndrome d’obstruction sinusoïdale) ont été rapportés, dont certains ont été mortels. Les patients doivent être surveillés pour déceler l’apparition de signes et de symptômes de fonction hépatique anormale ou d’hypertension portale ne résultant pas de manière évidente de métastases hépatiques.
Syndrome de lyse tumorale (SLT)
Dans l’expérience acquise après la mise sur le marché, un syndrome de lyse tumorale (SLT) a été rapporté chez les patients suite à l’utilisation de carboplatine en monothérapie ou en association avec d’autres agents chimiothérapeutiques.
Les patients à risque élevé de SLT, comme les patients présentant un taux prolifératif élevé, une charge tumorale élevée et une haute sensibilité à des agents cytotoxiques, doivent être étroitement surveillés et des précautions appropriées doivent être prises.
Posologie du carboplatine
Certains sous-groupes de patients (par exemple, les patients âgés de 40 à 59 ans, celles dont l’IMC est compris entre 20 et 25) présentent un risque particulier de sous-traitement si le DFG est estimé à l’aide de la formule de Cockroft et Gault. Une estimation précise du DFG étant essentielle pour un traitement à visée curative, il convient dans de tels cas de privilégier la détermination du DFG par une méthode standard mesurée (inuline, 51Cr-EDTA, 99mTc-DTPA, 125I‑iothalamate ou iohexol), lorsque cela est possible.
Sujets âgés
Dans des études où le carboplatine et le cyclophosphamide étaient administrés en association, les patients âgés traités par carboplatine étaient plus susceptibles de présenter des thrombocytopénies sévères que les patients plus jeunes. La fonction rénale étant souvent altérée chez les patients âgés, elle doit être prise en compte pour déterminer la posologie (voir rubrique 4.2).
Autres
Des déficits auditifs ont été rapportés au cours de traitements par carboplatine. L’ototoxicité peut être plus sévère chez l’enfant. Des cas de perte d’audition de survenue retardée ont été rapportés chez des patients pédiatriques. Un suivi audiométrique à long terme est recommandé dans cette population.
L’administration de vaccins vivants ou vivants atténués à des patients immunodéprimés par des agents chimiothérapeutiques, dont le carboplatine, peut entraîner des infections graves ou mortelles. L’administration d’un vaccin vivant doit être évitée chez les patients recevant du carboplatine. Des vaccins tués ou inactivés peuvent être administrés, mais la réponse à ces vaccins peut être plus faible.
Le potentiel carcinogène du carboplatine n’a pas été étudié. Cependant, des produits possédant des mécanismes d’action et une mutagénicité similaires ont été décrits comme carcinogènes.
Il convient de prendre des mesures appropriées pour éviter une grossesse pendant le traitement et pendant encore 6 mois minimum après l’arrêt du traitement. Les hommes doivent également utiliser des méthodes de contraception pendant le traitement et pendant encore 3 mois minimum après l’arrêt du traitement, car les chromosomes dans le sperme humain peuvent être détruits en raison du potentiel mutagène du carboplatine.
Si une grossesse est souhaitée, une consultation en vue d’une éventuelle conservation du sperme est recommandée avant l’instauration du traitement. Les femmes enceintes doivent éviter de manipuler le carboplatine.
Population pédiatrique
La sécurité et l’efficacité chez les enfants n’ont pas été établies.
Condition de prescription
médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement
Groupe générique
CARBOPLATINE 10 mg/ml - PARAPLATINE 10 mg/ml, solution injectable pour perfusion.
Liste des médicaments de ce groupe de générique.Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Non disponible
Présentation : 1 flacon(s) en verre jaune(brun) de 45 ml
Prix : non disponible
Taux de remboursement : 0%
Titulaire : MEDAC GESELLSCHAFT FUR KLINISCHE SPEZIALPRAPARATE (ALLEMAGNE)