CARMUSTINE ACCORD 100 mg, poudre et solvant pour solution pour perfusion
Classe médicamenteuse
Agents antinéoplasiques, agents alkylants, nitrosourées | code ATC : L01AD01
Composition
Carmustine........................................................................................................................... 100 mg
Pour un flacon de poudre pour solution à diluer pour perfusion.
Après reconstitution et dilution (voir rubrique 6.6), un mL de solution contient 3,3 mg de carmustine.
Excipients à effet notoire :
Chaque flacon de solvant contient 3 mL d’éthanol anhydre (équivalent à 2,37 g).
Indications thérapeutiques
La carmustine est indiquée chez les adultes dans le traitement des néoplasmes malins suivants en monothérapie ou en combinaison avec d’autres agents antinéoplasiques et/ou d’autres mesures thérapeutiques (radiothérapie, chirurgie) :
- Tumeurs cérébrales (glioblastome, gliomes du tronc cérébral, medulloblastome, astrocytome et épendymome), tumeurs cérébrales métastatiques;
- Thérapie secondaire dans le traitement du lymphome non hodgknien et de la maladie de Hodgkin.
- Tumeurs du tractus gastro-intestinal,
- Mélanome malin en association avec d'autres médicaments antinéoplasiques
- Comme conditionnement avant une greffe autologue de cellules souches hématopoïétiques (CSH) en cas de malignités hématologiques (maladie de Hodgkin/lymphome non hodgkinien)
Posologie et mode d'administration
CARMUSTINE ACCORD ne peut être administré que par des spécialistes expérimentés dans la chimiothérapie et sous surveillance médicale appropriée.
Posologie
Doses initiales
La dose recommandée de CARMUSTINE ACCORD en monothérapie chez des patients naïfs de tout traitement est de 150 à 200 mg/m2 par voie intraveineuse toutes les 6 semaines. Celle-ci peut être administrée en une dose unique ou répartie en perfusions quotidiennes, par exemple de 75 à 100 mg/m2 sur deux jours consécutifs.
Lorsque CARMUSTINE ACCORD est utilisé en association avec d’autres médicaments myélosuppresseurs ou chez des patients présentant une insuffisance médullaire, les doses doivent être adaptées en fonction du profil hématologique du patient tel qu’indiqué ci-après.
Suivi et doses ultérieures
Un cycle de traitement répété de CARMUSTINE ACCORD ne doit pas être administré avant que les cellules sanguines circulantes soient revenues à des niveaux acceptables (taux de plaquettes supérieur à 100 000/mm3, taux de leucocytes supérieur à 4 000/mm3), et ce laps de temps est généralement de six semaines. La numération globulaire doit faire l’objet d’un suivi fréquent et des cycles de traitement répétés ne doivent pas être administrés avant six semaines en raison d’une toxicité hématologique différée.
Les doses ultérieures à la dose initiale doivent être adaptées en fonction de la réponse hématologique du patient à la dose précédente, en monothérapie ainsi que dans le cadre d’une thérapie combinée avec d’autres médicaments myélosuppresseurs. Le tableau suivant propose quelques recommandations quant à l’adaptation de la dose.
Tableau 1
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Nadir après la dose précédente |
Pourcentage de la dose précédente à administrer |
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Taux de leucocytes/mm3 |
Taux de plaquettes/mm3 |
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> 4 000 |
> 100 000 |
100 % |
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3 000 - 3 999 |
75 000 - 99 999 |
100 % |
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2 000 - 2 999 |
25 000 - 74 999 |
70 % |
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< 2 000 |
< 25 000 |
50 % |
Dans les cas où le nadir après la dose initiale ne se trouve pas sur la même ligne pour les leucocytes et les plaquettes (par exemple, un taux de leucocytes supérieur à 4 000 et un taux de plaquettes inférieur à 25 000), la valeur donnant le pourcentage de la dose initiale le plus faible doit être utilisée (par exemple, pour un taux de plaquettes < 25 000, un maximum de 50 % de la dose précédente doit être administré).
La période d’application du traitement par la carmustine n’est pas limitée. Si la tumeur demeure incurable ou si des effets indésirables graves ou intolérables apparaissent, le traitement par carmustine doit être arrêté.
Conditionnement avant une greffe de CSH
Avant une greffe de CSH chez des patients souffrant de malignités hématologiques, la carmustine est administrée en association avec d’autres agents chimiothérapeutiques à une dose de 300 à 600 mg/m2 par voie intraveineuse.
Populations particulières
Population pédiatrique
La carmustine est contre-indiquée chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans (voir rubrique 4.3)
Personnes âgées
De manière générale, la sélection de la dose pour un patient âgé doit se faire avec prudence, la dose initiale habituelle se situant dans la limite inférieure de l’intervalle de doses, étant donné que la diminution des fonctions hépatique, rénale ou cardiaque est plus fréquente. Elle doit également tenir compte de maladies concomitantes ou de traitements concomitants par d’autres médicaments. Dans la mesure où les patients âgés sont plus susceptibles de présenter une diminution de la fonction rénale, il convient de faire preuve de prudence lors de la sélection de la dose ; le débit de filtration glomérulaire doit être surveillé et la dose réduite en fonction.
Insuffisance rénale
Pour les patients insuffisants rénaux, la dose de CARMUSTINE ACCORD doit être réduite si le débit de filtration glomérulaire est réduit.
Mode d’administration
Administration intraveineuse après reconstitution et dilution.
Lors de la reconstitution au moyen du solvant fourni (flacon de 3 mL), une solution doit être préparée en ajoutant 27 mL d’eau stérile pour les injections. La reconstitution et la dilution, comme recommandé, conduisent à une solution mère, incolore à jaune pâle, qui doit ensuite être diluée avec 500 mL d’une solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9 %), ou d’une solution injectable de glucose à 5 %.
La solution pour perfusion prête à l’emploi qui en résulte doit ensuite être administrée immédiatement par perfusion intraveineuse sur une période d’une à deux heures à l’abri de la lumière. La durée de la perfusion doit être supérieure à une heure, sinon, il y a un risque de brûlure et de douleur au niveau de la zone d’injection. La zone d’injection doit être surveillée durant l’administration.
Pour les instructions concernant la reconstitution et la dilution du médicament avant administration, voir la rubrique 6.6.
Voie d'administration
intraveineuse
Contre-indications
- Hypersensibilité à la substance active, à d’autres nitrosourées ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
- Dépression médullaire sévère
- Insuffisance rénale (terminale) sévère
- Enfants et adolescents
- Allaitement.
Mise en garde et précautions d'emploi
Une toxicité pulmonaire caractérisée par une infiltration pulmonaire et/ou une fibrose pulmonaire a été observée avec une fréquence allant jusqu’à 30 %. Celle-ci peut survenir au cours des trois premières années de traitement et s’avère être en relation avec la dose, des doses cumulées comprises entre 1 200 et 1 500 mg/m2 étant associées à un risque accru de fibrose pulmonaire. Les facteurs de risque incluent le tabagisme, l’existence d’une pathologie respiratoire, des anomalies radiologiques préexistantes, une irradiation thoracique séquentielle ou concomitante et l’association avec d’autres facteurs entraînant des lésions pulmonaires. Des études de la fonction pulmonaire de base et une radiographie du thorax doivent être réalisées ainsi que des tests fréquents de la fonction pulmonaire pendant le traitement. Les patients ayant une valeur initiale inférieure à 70 % de la capacité vitale forcée (CVF) ou de la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO) prévue présentent particulièrement un risque.
Un risque accru de toxicités pulmonaires a été rapporté chez les femmes lors de traitements avec des schémas de conditionnement et de greffes de CSH. À ce jour, ce risque accru est décrit pour le traitement en tant que tel, qu’il s’agisse de schémas de conditionnement sans carmustine (p. ex. TBI ou busulfan-cyclophosphamide) ou avec carmustine (BEAM : carmustine, étoposide, cytarabine et melphalan ou CBV : cyclophosphamide, carmustine et étoposide).
Il a été démontré qu’un traitement par carmustine à haute dose (en particulier à la dose de 600 mg/m2) avant une greffe de cellules souches hématopoïétiques augmente le risque d’incidence de toxicités pulmonaires et leur sévérité. Par conséquent, l’utilisation de carmustine doit être mise en balance avec les risques chez les patients qui présentent d’autres risques de toxicités pulmonaires.
Le traitement par carmustine à haute dose s’accompagne d’une augmentation du risque d’infections, de toxicité cardiaque, hépatique, gastro-intestinale et rénale, de maladies du système nerveux et de troubles électrolytiques (hypokaliémie, hypomagnésémie et hypophosphatémie) et de la sévérité de ces atteintes.
Les patients souffrant de comorbidités et présentant un état pathologique plus défavorable sont exposés à un risque plus élevé d’effets indésirables. Ceci doit être pris en considération, en particulier chez les patients âgés.
Les fonctions hépatique et rénale doivent également être vérifiées avant le traitement et suivies régulièrement au cours du traitement (voir rubrique 4.8).
Lors d’un traitement avec des agents chimiothérapeutiques, une entérocolite neutropénique peut survenir en tant qu’effet indésirable lié au traitement.
La carmustine est cancérigène chez les rats et les souris à des doses inférieures à la dose recommandée chez l’homme en fonction de la surface corporelle (voir rubrique 5.3).
La toxicité médullaire est un effet indésirable toxique fréquent et grave de la carmustine. La numération globulaire complète doit faire l’objet d’un suivi fréquent pendant au moins six semaines après l’administration d’une dose. Si le nombre de plaquettes, de leucocytes ou d’érythrocytes circulants diminue du fait d’une chimiothérapie antérieure ou pour un autre motif, la dose doit être ajustée, voir le tableau 1, rubrique 4.2. Les fonctions hépatique, rénale et pulmonaire doivent être vérifiées et surveillées régulièrement au cours du traitement (voir rubrique 4.8). Les doses de CARMUSTINE ACCORD ne doivent pas être répétées plus fréquemment que toutes les six semaines. La toxicité médullaire de la carmustine est cumulative et l’adaptation de la dose doit donc être considérée sur la base de la numération sanguine au nadir des doses précédentes (voir rubrique 4.2).
Une administration directe de carmustine dans l’artère carotide est considérée comme expérimentale et a été associée à une toxicité oculaire.
Avertissement concernant les excipients
Ce médicament contient 2,37 g d'alcool (éthanol) dans chaque flacon de solvant de 3 mL.
L’administration d’une dose de 600 mg/m2 de ce médicament à un adulte de 70 kg entrainerait une exposition à 365,66 mg d’éthanol par kg, ce qui pourrait induire une augmentation de l’alcoolémie d’environ 60,94 mg/100 mL. À titre comparatif, si un adulte consomme un verre de vin ou 500 mL de bière, il est probable que son alcoolémie atteigne environ 50 mg/100 mL. L’administration concomitante de médicaments contenant p. ex. du propylène glycol ou de l’éthanol pourrait entrainer l’accumulation d’éthanol et induire des effets indésirables. Étant donné que ce médicament est généralement administré lentement sur une durée de 1 à 2 heures, les effets de l’alcool peuvent être réduits.
Condition de prescription
réservé à l'usage HOSPITALIER
Groupe générique
CARMUSTINE 100 mg - BICNU, poudre et solvant pour solution pour perfusion
Liste des médicaments de ce groupe de générique.Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Non disponible
Présentation : 1 flacon en verre jaune(brun) de 100 mg - 1 flacon en verre de 3 mL
Prix : non disponible
Taux de remboursement : 0%
Titulaire : ACCORD HEALTHCARE FRANCE