SEVOFLURANE BAXTER 1 ml/ml, liquide pour inhalation par vapeur
Classe médicamenteuse
anesthésiques généraux ; hydrocarbures halogénés | code ATC : N01AB08
Composition
Sévoflurane 100%.
Excipient à effet notoire :
Aucun
Le médicament est composé uniquement de la substance active, voir rubrique 6.1.
Indications thérapeutiques
Induction et entretien d’une anesthésie générale chez l’adulte et l’enfant.
Posologie et mode d'administration
Posologie
La prémédication doit être sélectionnée en fonction du besoin de chaque patient et laissée à la discrétion de l’anesthésiste.
Anesthésie chirurgicale :
Lors de l’anesthésie, la dose de sévoflurane délivrée par un évaporateur doit être connue. Elle peut être réalisée au moyen d’un évaporateur spécifiquement calibré pour le sévoflurane.
Induction de l’anesthésie
La concentration doit être individualisée et ajustée pour obtenir l’effet souhaité en fonction de l’âge et de l’état clinique du patient.
Un barbiturique d’action courte ou un autre agent d’induction par voie intraveineuse peut être administré préalablement à l’inhalation de sévoflurane.
L’induction par le sévoflurane est obtenue par inhalation de 0,5 à 1,0 % de sévoflurane dans l’oxygène (O2) avec ou sans protoxyde d’azote (N2O), par paliers de 0,5 à 1,0 % de sévoflurane, pour atteindre un maximum de 8 % chez l’adulte et chez l’enfant, jusqu’à l’obtention de la profondeur d’anesthésie souhaitée. Chez l’adulte, l’inhalation d’une concentration de sévoflurane allant jusqu’à 5 % produit généralement une anesthésie chirurgicale en moins de deux minutes. Chez l’enfant, l’inhalation d’une concentration de sévoflurane allant jusqu’à 7 % produit généralement une anesthésie chirurgicale en moins de deux minutes.
Entretien de l’anesthésie
Le niveau de l’anesthésie lors d’interventions chirurgicales est entretenu par une concentration inhalée de 0,5 à 3% de sévoflurane dans O2, avec ou sans utilisation concomitante de N2O.
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Tableau 1 Les valeurs de concentration alvéolaire minimale (CAM) pour les adultes et les patients pédiatriques en fonction de l’âge
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Age des patients (années) |
Sévoflurane dans oxygène |
Sévoflurane dans 65% N20/35%02 |
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0 - 1 mois * |
3,3% |
non disponible |
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1 - < 6 mois |
3,0% |
non disponible |
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6 mois - < 3 ans |
2,8% |
2,0%** |
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3 - 12 |
2,5% |
non disponible |
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25 |
2,6% |
1,4% |
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40 |
2,1% |
1,1% |
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60 |
1,7% |
0,9% |
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80 |
1,4% |
0,7% |
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* Chez les nouveau-nés à terme. La CAM des prématurés n’a pas été déterminée. ** Chez les patients pédiatriques de 1 - <3ans, un mélange 60% N2O/40% O2 a été utilisé. |
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Réveil
Les temps de réveil sont généralement courts après une anesthésie par le sévoflurane. Ainsi les patients peuvent nécessiter un soulagement anticipé de la douleur post-opératoire.
Sujets âgés
La CAM diminue lorsque l’âge augmente. La concentration moyenne de sévoflurane nécessaire pour atteindre la CAM chez un patient de 80 ans est inférieure d’environ 50 % de celle requise chez une personne de 20 ans.
Population pédiatrique
Le tableau 1 présente les valeurs de la CAM pour les patients pédiatriques en fonction de l’âge lorsque sévoflurane est administré avec de l'oxygène seul ou avec un mélange oxygène/protoxyde d'azote.
Voie d'administration
inhalée
Contre-indications
Le sévoflurane ne doit pas être utilisé chez les patients présentant une hypersensibilité connue ou suspectée au sévoflurane ou à d’autres anesthésiques halogénés (par exemple antécédents d’atteinte hépatique, fièvre ou leucocytose d’origine inconnue après une anesthésie par l’un de ces agents).
Le sévoflurane ne doit pas être utilisé chez les patients ayant des antécédents d'hépatite confirmée due à l’administration d’un agent anesthésique halogéné par inhalation ou des antécédents d’anomalies inexpliquées modérées à graves de la fonction hépatique, avec ictère, fièvre et éosinophilie après une anesthésie par sévoflurane.
Le sévoflurane ne doit pas être utilisé chez les patients présentant un risque génétique connu ou suspecté d’hyperthermie maligne.
Le sévoflurane est contre-indiqué chez les patients pour lesquels une anesthésie générale est contre-indiquée.
Mise en garde et précautions d'emploi
Le sévoflurane ne doit être administré que par des personnes formées à la pratique de l’anesthésie générale. Tout l’équipement permettant l’accès et le contrôle des voies aériennes, la ventilation artificielle, la mise sous oxygène enrichi et la réanimation cardiaque doit être disponible immédiatement. Tous les patients anesthésiés avec du sévoflurane doivent faire l’objet d’une surveillance continue, notamment de l’électrocardiogramme (ECG), de la pression artérielle, de la saturation en oxygène et de la capnométrie télé-expiratoire.
La concentration de sévoflurane délivrée par un évaporateur doit être connue avec précision. Étant donné que les anesthésiques volatils ont des propriétés physiques différentes, seuls des évaporateurs spécifiquement calibrés pour le sévoflurane doivent être utilisés. L’administration de l’anesthésie générale doit être individualisée en fonction de la réponse du patient. Plus l’anesthésie est profonde, plus l’hypotension et la dépression respiratoire sont importantes.
Pendant la phase d’entretien de l’anesthésie, l’augmentation de la concentration en sevoflurane se traduit par une baisse de la pression sanguine en fonction de la concentration. Une chute excessive de la pression sanguine peut être liée à la profondeur de l’anesthésie et peut être corrigée, le cas échéant par une diminution de la concentration inhalée de sévoflurane. En raison de l'insolubilité du sévoflurane dans le sang, des modifications hémodynamiques peuvent se produire plus rapidement qu'avec d'autres anesthésiques volatils. La récupération après une anesthésie générale doit être soigneusement évaluée avant le départ du patient de la salle de réveil.
Le réveil est généralement rapide après une anesthésie par le sévoflurane. En conséquence, les patients peuvent avoir besoin d’un traitement antalgique postopératoire précoce.
Bien que le réveil après une anesthésie par sévoflurane se produise généralement en quelques minutes, l’impact sur les fonctions intellectuelles dans les 2 ou 3 jours qui suivent l’anesthésie n’a pas été étudié. Comme avec les autres anesthésiques, de légers changements d’humeur peuvent persister pendant quelques jours après l’administration (voir rubrique 4.7)
Patients atteints de maladies coronariennes
Comme avec tous les anesthésiques, le maintien de la stabilité hémodynamique est important afin d’éviter une ischémie myocardique chez les patients atteints de maladies coronariennes.
Patientes subissant une intervention obstétricale
La plus grande attention est requise dans le cas d’une anesthésie obstétricale, en raison de l’effet relaxant du sévoflurane sur l’utérus et de l’augmentation du risque d’hémorragie utérine (voir rubrique 4.6).
Patients subissant une intervention neurochirurgicale
Chez les patients présentant un risque d’élévation de la pression intracrânienne le sévoflurane doit être administré avec précaution et conjointement à des procédures de réduction de la pression intracrânienne, telle qu’une hyperventilation.
Crises convulsives
De rares cas de crises convulsives ont été rapportés avec l’utilisation du sévoflurane.
L’utilisation du sévoflurane a été associée à des crises convulsives aussi bien chez des enfants et des jeunes adultes que chez des adultes plus âgés présentant ou non des facteurs de prédisposition. Un avis clinique est nécessaire avant l’utilisation de sévoflurane chez des patients présentant un risque convulsif. Chez les enfants, la profondeur de l’anesthésie doit être limitée. La surveillance de la fonction cérébrale (électroencéphalogramme ou EEG) permet d’optimiser la dose du sévoflurane et de prévenir la survenue de crises convulsives chez les patients prédisposés (voir rubrique 4.4 – Population pédiatrique).
Patients présentant une atteinte rénale
Bien que les données provenant d'études cliniques contrôlées à débits faibles soient limitées, les résultats en provenance des études chez l’animal et chez les patients suggèrent qu'il existe un risque de lésion rénale, probablement dû au Composé A. Les études chez l’animal et chez l’Homme démontrent que l’administration de sévoflurane pendant plus de 2 heures CAM et à des débits de gaz frais <2 L / min peut être associée à une protéinurie et glycosurie. Voir également la rubrique 5.1.
Le niveau d’exposition au Composé A susceptible de déclencher une néphrotoxicité clinique n'a pas été établi. Tous les facteurs favorisant l’exposition au composé A chez l'homme, notamment la durée d'exposition, le débit de gaz frais, et la concentration de sévoflurane sont à prendre en compte.
La concentration inhalée de sévoflurane et le débit de gaz frais doivent être ajustés afin de réduire l'exposition au Composé A. L’exposition au sévoflurane ne doit pas dépasser les 2 heures CAM à un débit compris entre 1 à <2 L / min. Un débit de gaz frais <1 L / min n’est pas recommandé.
Patients présentant une insuffisance rénale
Le sévoflurane doit être administré avec prudence chez les patients insuffisants rénaux (DFG ≤ 60 ml/min). Par ailleurs, la fonction rénale doit être contrôlée après l’intervention chirurgicale.
Patients présentant une atteinte hépatique
Des très rares cas de troubles hépatiques post-opératoires légers, modérés ou graves ou d'hépatite (avec ou sans ictère) ont été rapportés après la commercialisation. Un avis clinique est nécessaire lorsque le sévoflurane est utilisé chez des patients présentant des troubles hépatiques sous-jacents ou traités avec des médicaments connus pour provoquer un dysfonctionnement hépatique. Chez les patients ayant présenté une atteinte hépatique, un ictère, une fièvre ou une éosinophilie inexpliquées après administration d'un autre anesthésique par inhalation, il est recommandé d'éviter l'administration de sévoflurane si une anesthésie par voie intraveineuse ou une anesthésie régionale est possible (voir rubrique 4.8).
Patients présentant des troubles mitochondriaux
La prudence s’impose lors de l'administration d'une anesthésie générale, y compris de sévoflurane, à des patients présentant des troubles mitochondriaux.
Circonstances méritant d'être prises en considération
Les concentrations à administrer doivent être choisies avec beaucoup de soin chez les patients hypovolémiques, hypotendus, fragilisés ou présentant une atteinte hémodynamique, due par exemple à des traitements concomitants.
Les patients soumis à des expositions répétées aux hydrocarbures halogénés, dont le sévoflurane, dans un laps de temps relativement court peuvent présenter un risque accru d’atteinte hépatique.
Des cas isolés d’allongement de l’intervalle QT, très rarement associés à des torsades de pointes (fatals, dans des cas exceptionnels) ont été rapportés. Une attention particulière est requise lors de l'administration de sévoflurane à des patients sensibles.
Hyperthermie maligne
Chez les patients sensibles, les agents anesthésiques par inhalation puissants peuvent causer un hypermétabolisme des muscles squelettiques, entraînant une forte demande en oxygène à l’origine d’un syndrome clinique connu sous le nom d’hyperthermie maligne. De rares cas d’hyperthermie maligne ont été rapportés lors de l’utilisation du sévoflurane (voir également rubrique 4.8). Ce syndrome se manifeste par une hypercapnie et peut aussi inclure une rigidité musculaire, une tachycardie, une tachypnée, une cyanose, des arythmies, et/ou une pression artérielle instable. Certains de ces signes non-spécifiques peuvent aussi apparaître lors d’une anesthésie légère, d’une hypoxie aigüe, d’une hypercapnie ou d’une hypovolémie. Des cas d’issue fatale après une hyperthermie maligne ont été rapportés avec le sévoflurane. Le traitement comporte l’interruption de l’administration des agents déclenchants (par exemple, le sévoflurane), l’administration intraveineuse de dantrolène sodique et la mise en place d’une réanimation spécifique. Une insuffisance rénale peut survenir ultérieurement et la diurèse doit être suivie et facilitée, si possible. De rares augmentations du taux sérique de potassium ont été associées à l’utilisation d’agents anesthésiques inhalés, provoquant ainsi des arythmies cardiaques, certaines fatales, chez des patients pédiatriques au cours de la période post-opératoire.
Les patients présentant des maladies neuromusculaires latentes ou déclarées, notamment la dystrophie musculaire de Duchenne, semblent être les plus vulnérables. Une utilisation concomitante de succinylcholine a été associée à la majorité de ces cas (mais pas tous). Ces patients ont également présenté une augmentation significative des taux sériques de créatine kinase et, dans certains cas, une modification de la composition de l’urine avec myoglobinurie. Malgré des similitudes avec l’hyperthermie maligne, aucun de ces patients ne présentait de signes ou symptômes de rigidité musculaire ou d’état hypermétabolique. Une intervention précoce et intensive pour traiter l’hyperkaliémie et les arythmies résistantes est recommandée, ainsi que la recherche ultérieure d’une maladie neuromusculaire latente.
Remplacement de l’absorbeur de CO2
La réaction exothermique entre le sévoflurane et la chaux sodée de l’absorbeur de CO2 est renforcée lorsque la chaux est déshydratée, notamment après une longue période avec passage de gaz sec dans le bac à chaux. De rares cas de chaleur extrême, de formation de fumée et/ou de feu spontané à partir du vaporisateur, ont été rapportés lors d’utilisation de sévoflurane avec une chaux déshydratée en particulier avec les absorbeurs contenant de l’hydroxyde de potassium. Un retard inattendu dans la hausse de la concentration inspirée de sévoflurane ou une chute inattendue de cette concentration, par rapport au réglage de l’évaporateur, peut indiquer une surchauffe du flacon de chaux sodée de l’absorbeur de CO2.
Une réaction exothermique, une dégradation accrue du sévoflurane et la production de produits de dégradation peuvent se produire lorsque l’absorbeur de CO2 est déshydraté, comme après une période prolongée de passage de gaz sec dans le bac de l’absorbeur de CO2. Des produits de dégradation du sévoflurane (méthanol, formaldéhyde, monoxyde de carbone et Composés A, B, C et D) ont été observés dans le circuit respiratoire d’un appareil d’anesthésie expérimental lors de l’utilisation d’absorbeurs de CO2 déshydratés et de concentrations maximales de sévoflurane (8 %) pendant de longues périodes (³ 2 heures). Les concentrations de formaldéhyde observées dans le circuit respiratoire de l’appareil (en présence d’absorbeurs contenant de l’hydroxyde de sodium) correspondaient à des taux connus pour provoquer une légère irritation respiratoire. La pertinence clinique des produits de dégradation observés dans ce modèle expérimental extrême n’est pas connue.
Si le médecin pense que la chaux sodée de l’absorbeur de CO2 est déshydratée, cette dernière doit être remplacée avant d’administrer du sévoflurane. L’indicateur coloré présent sur la plupart des absorbeurs de CO2 ne change pas obligatoirement lorsque la chaux est déshydratée. C’est pourquoi l’absence de changement de couleur ne doit pas être considérée comme un signe fiable d’un degré d’hydratation suffisant. L’absorbeur de CO2 doit être régulièrement remplacée, quelle que soit la couleur de l’indicateur (voir rubrique 6.6).
Population pédiatrique
L’utilisation du sévoflurane a été associée à des crises convulsives. La majorité de ces crises sont apparues chez des enfants à partir de l’âge de 2 mois et chez de jeunes adultes, dont la plupart ne présentaient aucun facteur de prédisposition. Un avis clinique est nécessaire lors de l’utilisation de sévoflurane chez des patients présentant un risque convulsif (voir rubrique 4.4 – Crises convulsives).
Un réveil rapide chez l’enfant peut évoquer un bref état d’agitation susceptible de gêner sa coopération (chez environ 25 % des enfants anesthésiés).
Des cas isolés d’arythmie ventriculaire ont été rapportés chez des patients pédiatriques atteints de la maladie de Pompe.
Des mouvements dystoniques, qui disparaissent sans traitement, ont été observés chez des enfants qui ont reçu du sévoflurane lors d’induction de l’anesthésie. Le lien de cause à effet avec le sévoflurane est incertain.
Le syndrome de Down
Une prévalence et un degré de bradycardie significativement plus élevés ont été rapportés chez les enfants atteints du syndrome de Down pendant et après l'induction avec du sévoflurane.
Condition de prescription
réservé à l'usage HOSPITALIER
Groupe générique
SEVOFLURANE 100 ml/100 ml - SEVORANE, liquide pour inhalation par vapeur.
Liste des médicaments de ce groupe de générique.Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Important
Présentation : 6 flacon(s) aluminium de 250 ml avec valve intégrée
Prix : non disponible
Taux de remboursement : 0%
Titulaire : BAXTER