IODURE [131 I] DE SODIUM CIS BIO INTERNATIONAL 111 MBq/mL, solution injectable
Classe médicamenteuse
produit radiopharmaceutique à usage thérapeutique dérivé de l’iode | code ATC : V10XA01
Composition
Chaque mL contient 111 MBq d'iodure (131I) de sodium à la date de calibration.
L'activité totale par flacon est comprise entre 80 et 1110 MBq à la date de calibration.
L'iode-131 est obtenu par fission d'uranium-235 ou par bombardement neutronique de tellure stable dans un réacteur nucléaire. La période de l'iode-131 est de 8,02 jours. Il décroît en xénon-131 stable par émission de rayonnements gamma de 365 keV (81,7 %), 637 keV (7,2 %) et 284 keV (6,1 %) et de rayonnements bêta d'énergie maximale de 606 keV.
Excipient à effet notoire :
Chaque mL contient 4,3 mg de sodium.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Indications thérapeutiques
Indication pré-thérapeutique chez l’adulte
Une dose "traceuse" d'iodure (131I) de sodium peut être administrée pour étudier la cinétique de l'iode. L’estimation de la fixation thyroïdienne et de la période efficace de l'iode radioactif ainsi obtenue peut être utilisée pour calculer l'activité thérapeutique à administrer.
Indication diagnostique chez l’adulte
Après thyroïdectomie du fait d'une pathologie thyroïdienne maligne, l'iodure (131I) de sodium permet la recherche des reliquats de tissu thyroïdien et des métastases.
Indications thérapeutiques chez l’adulte et l’enfant
Le traitement par l’iode radioactif est indiqué pour le traitement des affections thyroïdiennes suivantes
- • Hyperthyroïdie : maladie de Basedow, goitre multinodulaire toxique ou nodules autonomes.
- • Carcinome thyroïdien vésiculaire et papillaire, y compris en cas de métastases ou de reliquats de tissus thyroïdiens en complément de la résection chirurgicale.
Le traitement par l'iodure (131I) de sodium est fréquemment associé à une intervention chirurgicale et à un traitement par les anti-thyroïdiens de synthèse.
Posologie et mode d'administration
Ce médicament doit être administré uniquement par des professionnels de santé autorisés, dans des services de médecine nucléaire agréés (voir rubrique 6.6).
Posologie
Indication pré-thérapeutique : 1-4 MBq.
Indication diagnostique : 400 MBq au maximum.
Indications thérapeutiques Adultes
L'activité à administrer par le médecin nucléaire, éventuellement après étude dosimétrie individuelle. L’activité dans le flacon doit être vérifiée avant administration L'effet thérapeutique n'apparaît qu'au bout de plusieurs semaines. L’activité dans le flacon doit être vérifiée avant administration. • Traitement de l'hyperthyroïdie
L’iode radioactif peut être administré pour traiter l’hyperthyroïdie, en cas d’échec ou d’impossibilité de poursuivre le traitement médical.
Dans la mesure du possible, avant un traitement par l’iode radioactif il faut s'efforcer d'obtenir une euthyroïdie par des moyens pharmacologiques.
L'activité à administrer dépend de l’étiologie de l'hyperthyroïdie, de la taille de la thyroïde, de la fixation thyroïdienne et de la clairance de l'iode. Elle se situe généralement entre 200 et 800 MBq pour un patient de masse corporelle moyenne (70 kg), mais il peut être nécessaire de répéter le traitement jusqu’à une activité cumulée maximale de 5 000 MBq. En cas d’hyperthyroïdie persistante, le traitement peut être renouvelé après 6 à 12 mois.
L’activité à administrer peut être déterminée grâce à des protocoles à dose fixe ou calculée selon l’équation suivante :
Dose cible (Gy) x volume cible (mL)
A (MBq) = ________________________________________________________ x K
Fixation 131I max (%) x T ½ efficace (jours) Avec les conditions suivantes :
Dose cible est la dose absorbée par l’organe cible (glande thyroïde entière ou adénome)
Volume cible est le volume de la glande thyroïde entière (maladie de Basedow, goitre multinodulaire toxique) ou volume de l’adénome (nodule autonome)
Fixation 131I max est la fixation maximale de l’iode-131 dans la glande thyroïde ou dans les nodules en pourcentage de l'activité administrée, établie à partir d’une dose traceuse.
T ½ efficace est la demi-vie efficace de l'iode-131 dans la glande thyroïde exprimée en jours
K est égal à 24,67
Les doses aux organes cibles suivantes peuvent être utilisées :
|
Nodule autonome |
300-400 Gy |
|
Goitre multinodulaire toxique |
150-200 Gy |
|
Maladie de Basedow |
200 Gy |
Dans la maladie de Basedow et le goitre multinodulaire toxique, les doses aux organes cibles mentionnées ci-dessus sont calculées en fonction du volume total de la glande thyroïde. Cependant, en cas de nodule unique, la dose à l'organe cible est uniquement fonction du volume de l'adénome. Pour les doses recommandées aux organes cibles, voir rubrique 11.
D'autres méthodes dosimétriques peuvent également être utilisées comme les tests de fixation thyroïdienne au pertechnétate (99mTc) de sodium afin de déterminer la dose à délivrer à l’organe cible (Gy) la plus appropriée.
- Après thyroïdectomie pour le traitement des métastases ou des reliquats de tissus thyroïdien
Après une thyroïdectomie totale ou partielle, l’activité à administrer en vue d'éliminer le reliquat de tissu thyroïdien est comprise entre 1 850 et 3 700 MBq. Cette activité dépend de la taille du reliquat et de la fixation de l’iode radioactif. Pour le traitement des métastases, l’activité à administrer varie entre 3 700 et 11 000 MBq.
Populations particulières
Insuffisance rénale
L’activité à administrer doit être déterminée avec soin, car une exposition accrue aux radiations est possible chez les patients dont la fonction rénale est altérée. L’utilisation thérapeutique de l’iodure (131I) de sodium chez les patients présentant une insuffisance rénale significative nécessite une attention particulière (voir rubrique 4.4).
Population pédiatrique
L’utilisation de l’iodure (131I) de sodium chez l’enfant et l’adolescent doit être soigneusement évaluée, en fonction du besoin clinique et justifiée par le bénéfice attendu comparé au risque dans cette population de patients.
Dans certains cas, l’activité à administrer chez l’enfant et l’adolescent doit être déterminée après avoir effectué une dosimétrie individuelle (voir rubrique 4.4).
Chez les enfants et les adolescents, le traitement par l’iode radioactif d’affections thyroïdiennes
bénignes est possible dans des cas justifiés, en particulier en cas de récidive après l’utilisation de médicaments antithyroïdiens ou en cas de réactions indésirables graves aux médicaments antithyroïdiens (voir rubrique 4.4).
Mode d’administration
Pour usage multidose.
L’iodure (131I) de sodium CIS bio international est administré par voie intraveineuse.
Pour la préparation du patient, voir rubrique 4.4.
Acquisition des images
Pour l’étude de la fixation thyroïdienne, l’acquisition des images peut être réalisée 4 heures après l'administration puis renouvelée 18 et 24 heures après l'administration.
Pour la scintigraphie de la thyroïde, d'autres images peuvent être obtenues 72 heures après l'administration. Des images corps-entier peuvent être réalisées 5 à 7 jours après thyroïdectomie.
Voie d'administration
intraveineuse
Contre-indications
- Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
- Grossesse (voir rubrique 4.6)
- Allaitement (voir rubrique 4.6).
- Utilisation diagnostique chez l’enfant.
- Patients présentant une gastrite évolutive, des lésions gastriques érosives ou un ulcère gastroduodénal.
Mise en garde et précautions d'emploi
Risque de réactions d'hypersensibilité ou anaphylactique
En cas de réactions d’hypersensibilité ou anaphylactique, l'administration du médicament doit être immédiatement interrompue et un traitement par voie intraveineuse doit être débuté, si nécessaire. Afin de permettre une prise en charge rapide en cas d’urgence, il convient d’avoir à disposition immédiate les médicaments et le matériel nécessaires, notamment des sondes d’intubation trachéale et du matériel de ventilation.
Justification du bénéfice/risque individuel
Pour chaque patient, l’exposition aux radiations ionisantes doit être justifié par le bénéfice attendu. L’activité à administrer doit correspondre à la plus faible dose de radiation possible compatible avec l'obtention de l’information diagnostique requise ou de l’effet thérapeutique escompté.
Chez les patients traités par l’iode radioactif pour une affection thyroïdienne bénigne, il n’existe pas d’argument en faveur d’une incidence plus élevée des cancers, des leucémies ou des mutations, malgré sa large utilisation. Une étude menée chez des patients traités pour des affections thyroïdiennes malignes avec des activités d’iodure (131I) de sodium supérieures à 3 700 MBq a révélé une incidence plus élevée de cancers de la vessie. Une autre étude menée chez des patients ayant reçu de très fortes activités a mis en évidence une légère augmentation des cas de leucémie. Par conséquent, des activités cumulées supérieures à 26 000 MBq ne sont pas recommandées.
Fonction gonadique chez l’homme
Une cryoconservation du sperme peut être envisagée chez les patients présentant une maladie disséminée nécessitant l’administration d’activités thérapeutiques élevées d’iode radioactif, afin de compenser le risque d’altération réversible de la fonction gonadique.
Insuffisance rénale
Chez les patients dont la fonction rénale est altérée, le rapport bénéfice/risque doit être déterminé avec soin car une exposition accrue aux radiations est possible. Chez ces patients, un ajustement de la posologie peut s’avérer nécessaire.
Population pédiatrique
Chez l’enfant, l’indication doit être considérée avec prudence car la dose efficace par MBq est plus élevée que chez l’adulte (voir rubrique 11).
Chez l’enfant et l’adulte jeune, il faut tenir compte de la sensibilité accrue des structures tissulaires et de l’espérance de vie plus longue de ces patients. Les risques doivent être comparés à ceux des autres traitements possibles (voir rubriques 4.2 et 11).
Le traitement à l’iode radioactif des affections thyroïdiennes bénignes de l’enfant et l’adolescent n’est possible que dans des cas justifiés, notamment en cas de rechute ou de réactions indésirables graves aux médicaments antithyroïdiens.
Chez les patients traités par l’iode radioactif pour une affection thyroïdienne bénigne, il n’existe pas d’arguments en faveur d’une incidence plus élevée de cancers, de leucémies ou de mutations, malgré une large utilisation de l’iode radioactif.
Les personnes ayant reçu un traitement par l’iode radioactif pendant leur enfance ou leur adolescence doivent être réexaminées une fois par an.
Préparation du patient
Afin de limiter l’irradiation vésicale, il doit être recommandé au patient de boire abondamment et d’uriner le plus souvent possible, en particulier après l’administration d’une activité élevée dans le cas du traitement d’un carcinome thyroïdien par exemple. Chez les patients présentant des troubles mictionnels, une sonde urinaire doit être mise en place avant l’administration d’activités élevées d’iode radioactif.
Pour réduire l’irradiation du côlon, le recours aux laxatifs (autres que les ramollisseurs de selles qui n’accélèrent pas le transit intestinal) peuvent s’avérer nécessaires chez les patients ayant moins d'une selle par jour.
Pour éviter une sialadénite qui peut survenir après administration de fortes activités d’iode radioactif, il faut recommander au patient de prendre des bonbons ou des boissons contenant de l’acide citrique (jus de citron, vitamine C) pour stimuler la sécrétion salivaire avant le traitement. D’autres mesures de protection pharmacologiques peuvent être utilisées en complément.
Une surcharge en iode d’origine alimentaire ou médicamenteuse doit être recherchée avant l'administration d'iode radioactif (voir rubrique 4.5). Un régime pauvre en iode avant le traitement est recommandé pour améliorer l'absorption dans le tissu thyroïdien fonctionnel.
Afin d’assurer une fixation suffisante en cas de carcinome thyroïdien, le traitement substitutif de l’insuffisance thyroïdienne doit être arrêté avant l’administration de l’iode radioactif. Il doit être interrompu 14 jours avant pour la tri-iodothyronine et 4 semaines avant pour la thyroxine. Le traitement substitutif sera repris 2 jours après l’administration de l’iode radioactif.
Le carbimazole et le propylthiouracil doivent être arrêtés une semaine avant le traitement d’une hyperthyroïdie par l’iode radioactif, et redémarrés plusieurs jours après.
Le traitement par l’iode radioactif de la maladie de Basedow doit s’accompagner d’une corticothérapie, notamment en cas d’ophtalmopathie endocrine.
Chez les patients présentant une pathologie digestive, l’iodure ((131I) de sodium doit être administré avec prudence. Il est recommandé d’associer un traitement par des antihistaminiques H2 ou des inhibiteurs de la pompe à protons.
Après administration du produit :
Il convient d’éviter les contacts rapprochés avec les femmes enceintes et les jeunes enfants pendant le temps nécessaire. En cas de vomissements, le risque de contamination doit être pris en compte.
Les patients ayant reçu un traitement de la thyroïde par l’iode radioactif doivent être réexaminés à intervalles appropriés.
Mises en garde spécifiques
Hyponatrémie :
Des manifestations graves d'hyponatrémie ont été rapportées après un traitement par l'iodure (131I) de sodium chez des patients âgés ayant subi une thyroïdectomie totale. Les facteurs de risque comprennent l'âge avancé, le sexe féminin, l'utilisation de diurétiques thiazidiques et une hyponatrémie présente à l’initiation du traitement par l'iodure (131I) de sodium. Des dosages réguliers des électrolytes sériques doivent être envisagés chez ces patients.
L’injection paraveineuse doit être évitée en raison du risque de nécrose tissulaire locale. L'injection doit être strictement intraveineuse pour éviter tout dépôt local et d'irradiation par l'iodure (131I) de sodium. En cas d'injection paraveineuse, l'injection doit être immédiatement interrompue et le site d'injection doit être réchauffé et laissé au repos en position surélevée. En cas de nécrose radique, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire.
Ce médicament contient 4,3 mg de sodium par millilitre, ce qui équivaut pour un millilitre à 0,2 % de l’apport alimentaire quotidien maximal recommandé par l’OMS de 2 g de sodium pour un adulte. Il convient d’en tenir compte chez les patients ayant une alimentation à apport réduit en sodium.
Pour les précautions liées au risque environnemental, voir rubrique 6.6.
Condition de prescription
réservé à l'usage HOSPITALIER
Groupe générique
Non renseigné
Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Non disponible
Présentation : 1 flacon(s) multidose(s) en verre de 111 MBq/ml
Prix : non disponible
Taux de remboursement : 0%
Titulaire : CIS BIO INTERNATIONAL