CARBAMAZEPINE VIATRIS L.P. 400 mg, comprimé sécable à libération prolongée
Classe médicamenteuse
Antiépileptique | code ATC : N03AF01
Composition
Carbamazépine..................................................................................................................... 400 mg
Pour un comprimé.
Indications thérapeutiques
Epilepsie
Chez l’adulte
- soit en monothérapie ;
- soit en association à un autre traitement antiépileptique ;
- traitement des épilepsies généralisées : crises tonico-cloniques généralisées ;
- traitement des épilepsies partielles avec ou sans généralisation secondaire.
Chez l’enfant
Douleurs
- traitement des douleurs paroxystiques de la névralgie du trijumeau et du glossopharyngien ;
Psychiatrie
- prévention des rechutes dans le cadre des troubles bipolaires, notamment chez les patients présentant une résistance relative, ou des épisodes maniaques ou hypomaniaques dans le cadre des psychoses maniaco‑dépressives chez les patients résistants ou présentant des contre‑indications au lithium.
Posologie et mode d'administration
Posologie
Posologie strictement individuelle selon la réponse clinique, à administrer en 2 ou 3 prises dans la journée.
La posologie sera déterminée en fonction du contrôle des crises ou de l'apparition d'effets indésirables. Les dosages plasmatiques permettent de vérifier si un patient se situe ou non dans les taux thérapeutiques afin d'expliquer l'absence de contrôle des crises ou le développement d'une intolérance. Ceci est particulièrement utile en cas de polythérapie antiépileptique. Les concentrations plasmatiques thérapeutiques de carbamazépine sont généralement entre 4 et 12 μg/mL, ce qui correspond à une posologie de 400 à 1 200 mg par jour (17 à 50 micromoles/L) (voir rubrique 5.1).
Dans certains cas, chez l'adulte, la dose maximale de 1 600 à 2 000 mg peut être nécessaire.
Lors de la substitution d'une carbamazépine à libération immédiate, la dose quotidienne totale n'est généralement pas modifiée. Chez quelques patients, il peut s'avérer nécessaire d'augmenter la dose quotidienne totale, notamment en cas de polythérapie antiépileptique.
En cas de maladie cardiovasculaire, d'insuffisance hépatique ou rénale sévères et chez le sujet âgé, une posologie réduite peut s'avérer suffisante.
En outre, pour certains patients, en raison de l'augmentation du métabolisme par auto-induction des enzymes hépatiques ou résultant d'interactions médicamenteuses dans le cadre d'une polythérapie, une posologie très différente des doses de départ et d'entretien recommandées ci-après peut être nécessaire.
Une recherche des allèles HLA-B*1502 et HLA-A*3101 devrait être effectuée autant que possible avant instauration d'un traitement par carbamazépine chez les sujets d'origines thaïlandaise ou chinoise Han étant donné que leur présence serait liée à un risque élevé de survenue d'un Syndrome de Stevens-Johnson (SSJ) sévère associé à la carbamazepine (voir informations sur les tests génétiques et les réactions cutanées mentionnées à la rubrique 4.4).
Posologie recommandée
Épilepsie
La posologie est strictement individuelle et fonction du type et de la sévérité des symptômes. Mise en place du traitement avec une dose initiale faible, elle sera ensuite augmentée graduellement, par paliers de 2 à 5 jours, de façon à atteindre la dose d'entretien optimale convenant à chaque patient en 2 semaines environ.
Chez l’adulte
10 à 15 mg/kg/jour en moyenne, en 2 ou 3 prises.
Population pédiatrique
Pour les enfants âgés de 4 ans ou moins, la dose initiale est de 20 à 60 mg/jour en augmentant la dose de 20 à 60 mg tous les 2 jours.
Pour les enfants âgés de plus de 4 ans, la dose initiale peut être de 100 mg/jour en augmentant la dose de 100 mg toutes les semaines.
Dose d’entretien : 10 à 20 mg/kg/jour en moyenne, à répartir en plusieurs prises au cours de la journée.
Dose maximale recommandée : La dose maximale recommandée est de 35 mg/kg/jour pour un enfant de moins de 6 ans, de 1 000 mg/jour pour un enfant âgé de 6 à 15 ans et de 1 200 mg/jour à partir de 16 ans.
Une monothérapie antiépileptique par la carbamazépine est recommandée chaque fois que cela est possible. Lorsqu'on substitue la carbamazépine à un autre antiépileptique, la dose de ce dernier doit être réduite progressivement.
Le traitement antiépileptique doit être administré quotidiennement et de façon prolongée, parfois indéfiniment. La prescription de carbamazépine nécessite une surveillance régulière. Lorsque la substitution de la carbamazépine par un autre traitement antiépileptique s'avère nécessaire, celle-ci doit être réalisée progressivement par paliers et en aucun cas de manière brutale (voir rubrique 4.4).
Tout arrêt du traitement par la carbamazépine se fera par réduction lente de la posologie.
Les comprimés de carbamazépine à libération prolongée peuvent être cassés en deux permettant ainsi d'administrer si nécessaire des doses fractionnées à l'enfant ou à l'adulte.
Les comprimés à libération prolongée de carbamazépine sont généralement déconseillés chez l'enfant de moins de 5 ans. Il est recommandé de prescrire la carbamazépine sous forme de comprimés classiques ou en sirop.
En général, la diminution ou l’arrêt d’un traitement antiépileptique doit être considéré quand le patient n’a plus de crise d’épilepsie depuis au moins 2 à 3 ans. Au lieu d’un ajustement de la posologie en fonction de l’âge, les enfants peuvent nécessiter une dose plus élevée par kg de poids corporel.
Douleurs
Prévention des douleurs paroxystiques associées à la névralgie du trijumeau
La dose initiale quotidienne recommandée est de 200 à 400 mg/jour de carbamazépine, en 2 prises. La dose initiale la plus faible peut être suffisante chez le patient âgé ou sensible. Dans la névralgie du trijumeau ou du glossopharyngien, la posologie sera ensuite augmentée jusqu'à disparition de la douleur, celle-ci étant habituellement obtenue avec une dose de 600 à 800 mg/jour répartie en 1 à 2 prises, la dose maximale étant de 1 200 mg. La dose peut être réduite progressivement après la disparition de la douleur et le traitement peut éventuellement être suspendu au bout de quelques semaines en cas d'absence de récidive.
Psychiatrie
Prévention des rechutes dans le cadre des troubles bipolaires
½ à 1 comprimé à libération prolongée de 400 mg deux fois par jour, soit 400 à 800 mg/jour en moyenne.
Prévention des épisodes dans le cadre des psychoses maniaco-dépressives
La dose initiale de 100 à 400 mg par jour répartie en plusieurs prises est augmentée progressivement jusqu'à la disparition des symptômes ou jusqu'à 800 mg maximum. Dans des cas exceptionnels, un maximum de 1 600 mg/jour, répartis en plusieurs prises, peut être nécessaire. La dose d'entretien recommandée est de 400 à 600 mg par jour, répartie en plusieurs prises.
La prévention des épisodes dans le cadre des psychoses maniaco-dépressives représente un traitement au long cours.
Afin de prévenir une interaction médicamenteuse, il est nécessaire de maintenir la concentration plasmatique de carbamazépine à un niveau inférieur à 8 μg/mL et le lithium à un taux thérapeutique minimal (0,3 à 0,8 mEq/L), dans les cas exceptionnels où la carbamazépine est administrée en association avec le lithium en prévention dans le cadre de la psychose maniaco-dépressive ne répondant pas au lithium en monothérapie. Tout traitement neuroleptique concomitant est à exclure et doit en outre avoir été interrompu au minimum 8 semaines avant l'instauration de la carbamazépine.
L'altération de la capacité de réagir rapidement se manifeste particulièrement en cas d'association avec le lithium (voir rubrique 4.7).
Populations spéciales
Sujets âgés (65 ans ou plus)
En raison de possible interactions médicamenteuses et des différences de propriétés pharmacocinétiques entre les antiépileptiques, la posologie de carbamazépine doit être choisie avec prudence chez le sujet âgé.
Chez le sujet âgé, il est recommandé d’initier le traitement à la dose de 100 mg deux fois par jour. Cette dose initiale peut être augmentée légèrement chaque jour jusqu’au soulagement de la douleur (habituellement obtenu à 200 mg 3 à 4 fois par jour).
Insuffisance rénale/insuffisance hépatique
Il n’existe pas de données concernant la pharmacocinétique de la carbamazépine chez les patients insuffisants rénaux ou hépatiques.
Mode d’administration
Le comprimé peut être divisé en deux moitiés égales et la dose quotidienne est généralement répartie en deux prises, pendant ou après le repas, avec un peu d'eau. Les comprimés à libération prolongée doivent être avalés entiers sans les croquer, ni les écraser.
Pour les patients ayant des difficultés à avaler, les comprimés à libération prolongée peuvent également être mis en suspension dans l'eau où ils se désintégreront sous forme de granules. Le mécanisme de la libération prolongée étant conservé dans la suspension pendant un laps de temps assez bref la suspension devra donc, dans ce cas, être ingérée aussitôt.
Voie d'administration
orale
Contre-indications
L'administration de carbamazépine est contre-indiquée en cas de :
- hypoplasie médullaire connue,
- anomalies de la conduction auriculo-ventriculaire,
- hypersensibilité à la substance active, ou aux substances structurellement apparentées (p. ex. les antidépresseurs tricycliques) ou à l'un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1,
- antécédents de porphyrie hépatique (p. ex. porphyrie aiguë intermittente, porphyrie mixte, porphyrie cutanée tardive),
- traitement concomitant avec des inhibiteurs de la monoamino-oxidase (IMAO) (voir rubrique 4.5),
- traitement concomitant avec le cobicistat, le dasabuvir, le délamanid, l’association grazoprévir + elbasvir, l’isavuconazole, le lédipasvir, la lurasidone, la midostaurine, l’association ombitasvir + paritaprévir, la rilpivirine, le sofosbuvir, le velpatasvir ou le voriconazole (voir rubrique 4.5),
- préparations à base de plantes contenant du millepertuis (Hypericum perforatum) (voir rubrique 4.5).
Mise en garde et précautions d'emploi
Tout patient prenant ce médicament doit être informé que l’apparition de fièvre, d’un mal de gorge, d’autres infections, d’éruption cutanée, d'ulcérations buccales, d'apparition spontanée d'ecchymoses, de purpura ou de pétéchies, de nausées, d’ictère et d’hépatomégalie, impose d’avertir tout de suite le médecin traitant et de contrôler immédiatement l’hémogramme (voir Précautions d’emploi).
Idées et comportements suicidaires
Des idées et comportements suicidaires ont été rapportés chez des patients traités par des antiépileptiques dans plusieurs indications. Une méta-analyse d'essais randomisés, contrôlés versus placebo portant sur des antiépileptiques a également montré une légère augmentation du risque d'idées et de comportements suicidaires. Les causes de ce risque ne sont pas connues et les données disponibles n'excluent pas la possibilité d'une augmentation de ce risque pour la carbamazépine.
Par conséquent, les patients doivent être étroitement surveillés pour tout signe d'idées et de comportements suicidaires et un traitement approprié doit être envisagé. Il doit être recommandé aux patients (et leur personnel soignant) de demander un avis médical en cas de survenue de signes d'idées et de comportements suicidaires.
Femmes en âge de procréer
La carbamazépine peut provoquer des lésions fœtales lorsqu’elle est administrée à une femme enceinte. L’exposition prénatale à la carbamazépine peut augmenter les risques de malformations congénitales majeures et d’autres effets indésirables sur le développement (voir rubrique 4.6).
La carbamazépine ne doit pas être utilisée chez les femmes en âge de procréer, à moins que le bénéfice ne soit jugé supérieur aux risques après un examen attentif des alternatives thérapeutiques disponibles.
Les femmes en âge de procréer doivent être pleinement informées du risque potentiel pour le fœtus lors de l’utilisation de la carbamazépine pendant la grossesse.
Avant l’instauration d’un traitement par la carbamazépine chez une femme en âge de procréer, un test de grossesse doit être envisagé.
Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement et jusqu’à deux semaines après l’arrêt du traitement. En raison de l’effet inducteur enzymatique de la carbamazépine, le traitement par carbamazépine peut conduire à un échec des contraceptifs hormonaux. Par conséquent, les femmes en âge de procréer doivent être conseillées sur l’utilisation d’autres méthodes contraceptives efficaces (voir rubriques 4.5 et 4.6).
Les femmes en âge de procréer doivent être informées sur la nécessité de consulter leur médecin dès qu’elles envisagent une grossesse afin de discuter du recours à d’autres traitements antiépileptiques alternatifs avant la conception et avant l’interruption de la contraception (voir rubrique 4.6).
Il faut conseiller aux femmes en âge de procréer traitées par de la carbamazépine de contacter immédiatement leur médecin si elles sont enceintes ou si elles pensent l’être.
Réactions cutanées graves
Des réactions cutanées graves et menaçant dans certains cas le pronostic vital : nécrolyse épidermique toxique (NET) et syndrome de Stevens-Johnson (SSJ), ont été décrites avec l’utilisation de la carbamazépine. On estime que ces réactions se produisent chez 1 à 6 nouveaux utilisateurs sur 10 000 dans les pays comprenant principalement des populations caucasiennes, mais le risque dans certains pays asiatiques a été estimé à un niveau 10 fois plus élevé.
Des preuves de plus en plus nombreuses évoquent le rôle de différents allèles HLA dans la prédisposition des patients à des effets indésirables immunitaires (voir rubrique 4.2). Les fréquences alléliques citées ici représentent le pourcentage de chromosomes porteurs de l’allèle d’intérêt dans la population spécifiée. Ceci signifie que le pourcentage des patients porteurs d’une copie de l’allèle sur au moins un de leur deux chromosomes (c’est-à-dire la « fréquence des porteurs ») est presque deux fois plus élevé que la fréquence allélique. Ainsi, le pourcentage des patients potentiellement à risque est presque le double de la fréquence de l’allèle.
Allèle HLA-B*1502 -dans la population chinoise Han, thaïlandaise et les autres populations asiatiques
Il a été observé que la présence du HLA-B*1502 chez les sujets d'origine thaïlandaise ou chinoise Han a été fortement associée au risque de réaction cutanée sévère de type SSJ ou NET lors d'un traitement par carbamazépine. La prévalence des porteurs de l’allèle HLA-B*1502 est comprise entre 2 et 12 % dans la population chinoise Han et est de 8 % dans la population thaïlandaise. Il est recommandé d’effectuer, dans la mesure du possible, une recherche de cet allèle chez ces sujets avant l’instauration d’un traitement par carbamazépine (voir rubrique 4.2). Si le résultat de ce test est positif, la carbamazépine ne devrait pas être instaurée chez ces patients, à l’exception des situations où aucune autre alternative thérapeutique n’est envisageable. Les patients pour lesquels la recherche de l'allèle HLA-B*1502 est négative ont un risque faible de développer une réaction de type SSJ, mais ce risque ne doit pas être négligé.
Certaines données suggèrent un risque accru de survenue du syndrome de Stevens-Johnson ou NET graves associés à la carbamazépine dans d’autres populations asiatiques. À cause de la prévalence de cet allèle dans les autres populations asiatiques (p. ex. supérieur à 15 % aux Philippines et en Malaisie, jusqu’à 2 et 6 % en Corée et en Inde, respectivement), les tests génétiques dans les populations présentant un risque d’être porteuses de l’allèle HLA-B*1502 peuvent être envisagés.
La prévalence de l’allèle HLA-B*1502 est négligeable notamment dans les populations d’ascendance européenne, africaine ou hispanique, ainsi que chez les sujets japonais et coréens (< 1 %).
Allèle HLA-A*3101 - Population d’ascendance européenne et population japonaise
Certaines données suggèrent que l’allèle HLA-A*3101 est associé à une majoration du risque de réactions indésirables cutanées induites par la carbamazépine, notamment SSJ ou NET, hypersensibilité médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (syndrome DRESS) ou pustulose exanthématique aiguë (PEAG) et rash maculopapuleux moins sévères (voir rubrique 4.8) chez les personnes d’ascendance européenne et les Japonais.
La fréquence de l’allèle HLA-A*3101 varie largement entre les populations ethniques. L’allèle HLA‑A*3101 montre une prévalence de 2 à 5 % dans les populations européennes et d’environ 10 % dans la population japonaise.
La présence de l’allèle HLA-A*3101 peut aggraver le risque d’événements indésirables cutanés induits par la carbamazépine (principalement moins sévères) de 5,0 % dans la population générale à 26,0 % chez les sujets d’ascendance européenne, tandis que son absence peut réduire le risque de 5,0 à 3,8 %.
Les données sont insuffisantes pour formuler une recommandation relative au dépistage de l’allèle HLA-A*3101 avant le début du traitement par la carbamazépine.
Si les patients d’ascendance européenne ou d’origine japonaise sont porteurs de l’allèle HLA‑A*3101, l’administration de la carbamazépine peut être envisagée si les bénéfices peuvent prévaloir sur les risques.
Les patients doivent être informés des signes et symptômes et surveillés étroitement à la recherche de réactions cutanées. Le risque maximum de survenue d’un SSJ ou d’une NET se situe dans les premières semaines de traitement.
En cas de symptômes ou signes de SSJ ou d’une NET (p. ex. éruption cutanée progressive souvent accompagnée de vésicules ou de lésions des muqueuses), le traitement par carbamazépine doit être interrompu.
Le traitement du SSJ et de la NET a d’autant plus de chances de succès que le diagnostic a été fait tôt et que le médicament suspect a été arrêté immédiatement. L’arrêt précoce est associé à un meilleur pronostic.
Si un patient a développé un SSJ ou une NET avec la carbamazépine, cette dernière ne doit jamais être reprise chez ce patient. La survenue, en début de traitement, d’un érythème généralisé fébrile associé à des pustules doit faire suspecter une pustulose exanthématique aiguë généralisée (voir rubrique 4.8) ; elle impose l’arrêt du traitement et contre-indique toute nouvelle administration de carbamazépine et des spécialités contenant de la carbamazépine.
Limites du dépistage génétique
Les résultats d’un dépistage génétique ne peuvent jamais être remplacés par une vigilance clinique et une prise en charge appropriée du patient. De nombreux patients asiatiques qui sont positifs pour le HLA-B*1502 et qui sont traités par carbamazépine ne développeront pas de SSJ/NET, et les patients de toute origine ethnique négatifs pour le HLA-B*1502 peuvent toujours développer un SSJ / une NET.
De même, des patients qui sont positifs pour le HLA-A*3101 et qui sont traités par carbamazépine ne développeront pas de SSJ, NET, DRESS, PEAG ou un rash maculopapuleux et des patients qui sont négatifs pour le HLA-A*3101 de toute origine ethnique pourront néanmoins développer ce type de réactions cutanées sévères. Le rôle d’autres facteurs possibles dans le développement et la morbidité de ces réactions indésirables cutanées sévères, tels que les antiépileptiques, l’observance thérapeutique, les médicaments concomitants, les comorbidités et le niveau de suivi dermatologique, n’a pas été étudié.
Autres réactions dermatologiques
Des réactions cutanées légères, par exemple un exanthème maculeux ou maculopapuleux isolé, sont également possibles et le plus souvent transitoires et sans danger. Elles disparaissent habituellement en quelques jours ou semaines, pendant la poursuite du traitement tel quel ou après une diminution de la posologie. Comme il peut être difficile de distinguer les premiers signes d’une réaction cutanée légère transitoire de ceux d’une réaction plus grave, les patients doivent cependant être maintenus sous surveillance étroite, en arrêtant immédiatement le médicament si la réaction s’aggrave avec la poursuite du traitement.
Il a été constaté que l’allèle HLA-A*3101 est associé à des réactions indésirables cutanées moins sévères à la carbamazépine et permet de prédire leur risque de survenue, par exemple un syndrome d’hypersensibilité aux anticonvulsivants ou une éruption cutanée sans gravité (rash maculopapuleux). Il n’est cependant pas avéré que l’allèle HLA-B*1502 permet de prédire le risque des réactions cutanées susmentionnées.
La prescription de carbamazépine exige que soient soigneusement examiné le rapport risque/bénéfice et nécessite la plus grande prudence dans les conditions suivantes :
- anomalies hématologiques,
- anomalies du métabolisme du sodium,
- insuffisances cardiaque, hépatique et rénale sévères,
- grossesse et allaitement,
- dystrophie myotonique : risques de troubles de la conduction cardiaque chez ces patients.
Réactions hématologiques
L’agranulocytose et l’anémie aplasique ont été associées à la carbamazépine. Cependant, compte tenu de la très faible fréquence de ces troubles, il est difficile d’obtenir une estimation significative du risque. Le risque global dans la population générale non traitée a été estimé à 4,7 personnes par million et par an pour l’agranulocytose et à 2,0 personnes par million et par an pour l’anémie aplasique.
Avant toute instauration d'un traitement par la carbamazépine, un hémogramme, une numération des plaquettes et un bilan biologique avec dosage du fer et des électrolytes doivent être pratiqués. La formule sanguine doit être pratiquée une fois par mois au cours des cinq premiers mois, puis 2 à 4 fois par an. La surveillance clinique est primordiale pendant toute la durée du traitement. L'administration de carbamazépine doit être interrompue en cas d'apparition de leucopénie ou de thrombopénie sévères.
Une diminution temporaire ou durable du nombre de leucocytes ou de thrombocytes se produit fréquemment avec l’utilisation de la carbamazépine. Ces effets sont cependant de nature passagère dans la majorité des cas, et il est peu probable qu’ils soient le signe du développement d’une anémie aplasique ou d’une agranulocytose. Le traitement par carbamazépine doit cependant être interrompu en cas de survenue d’une leucopénie sévère (principalement une neutropénie) ou d’une thrombopénie accompagnée de manifestations cliniques, par exemple une fièvre ou un mal de gorge.
La carbamazépine doit également être arrêtée en cas d’apparition de signes de dépression médullaire importante.
En présence d'affections cardiovasculaires, d'affections hépatiques ou rénales sévères et chez le sujet âgé, une surveillance rapprochée est nécessaire. La posologie doit être adaptée à chaque cas.
Crises d’épilepsie
La carbamazépine n’est pas efficace dans les absences et les crises myocloniques qui peuvent parfois être aggravées. La carbamazépine doit être utilisée avec précaution chez les patients présentant des crises de typologie mixte, y compris des crises d’absence typiques ou atypiques. Dans tous les cas, la carbamazépine peut aggraver les absences. En cas d’aggravation des absences, le traitement par carbamazépine doit être arrêté.
Comme avec d'autres antiépileptiques, la carbamazépine peut, dans certains cas, induire une augmentation de la fréquence des crises ou provoquer l'apparition de nouveaux types de crises, et ce indépendamment des fluctuations observées dans certaines maladies épileptiques. Ces phénomènes peuvent également résulter d'un choix de médicament mal approprié vis-à-vis des crises ou du syndrome épileptique du patient, d’une toxicité ou d’un surdosage, d'une diminution des concentrations plasmatiques de l'antiépileptique administré parallèlement. Il peut ne pas y avoir d’autre explication qu’une réaction paradoxale.
Fonction hépatique
Des tests biologiques hépatiques doivent également être pratiqués avant toute instauration du traitement, puis à intervalles réguliers, en particulier chez les patients ayant des antécédents d'affection hépatique et chez les patients âgés. Les patients devront contacter leur médecin immédiatement si les symptômes d’une hépatite apparaissent : fatigue, perte d’appétit, nausées, jaunissement de la peau ou foie gonflé. L'apparition de signes et symptômes évoquant un dysfonctionnement hépatique impose l'interruption du traitement par la carbamazépine.
Fonction rénale
Il est conseillé de réaliser une analyse d’urine et un dosage de l’azote uréique sanguin (BUN) avant le début du traitement et à intervalles réguliers.
Réactions d’hypersensibilité
La carbamazépine peut provoquer des réactions d’hypersensibilité, y compris une réaction médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (syndrome DRESS), une réactivation d’un HHV-6 (herpèsvirus humain de type 6) associé au syndrome DRESS, une réaction d’hypersensibilité retardée multiviscérale pouvant être accompagnée de fièvre, rash, vascularite, polyadénopathie, pseudolymphome, arthralgie, leucopénie, éosinophilie, hépatosplénomégalie, troubles de la fonction hépatique et syndrome de disparition des canaux biliaires (destruction et disparition des canaux intrahépatiques biliaires). D’autres organes peuvent également être affectés (ex : poumons, reins, pancréas, myocarde, colon) (voir rubrique 4.8).
Il a été démontré que l’allèle HLA-A*3101 est associé à la survenue d’un syndrome d’hypersensibilité, y compris un rash maculopapuleux.
Les patients qui ont présenté des réactions d’hypersensibilité à la carbamazépine doivent être informés qu’environ 25 à 30 % d’entre eux peuvent présenter des réactions d’hypersensibilité à l’oxcarbazépine. Une hypersensibilité croisée est possible entre la carbamazépine et les antiépileptiques aromatiques (p. ex. la phénytoïne, la primidone et le phénobarbital).
Si des signes ou symptômes d’une réaction d'hypersensibilité surviennent, le traitement par carbamazépine doit être arrêté immédiatement.
Hyponatrémie
Une hyponatrémie peut se produire lors de la prise de carbamazépine. Chez les patients souffrant de problèmes rénaux préexistants associés à une concentration sérique basse du sodium ou chez les patients recevant concomitamment des médicaments faisant diminuer la concentration sérique du sodium, par exemple les diurétiques et les médicaments associés à une sécrétion inappropriée d’hormone anti‑diurétique [ADH], la natrémie doit être mesurée avant le traitement. Elle doit être contrôlée deux semaines plus tard, puis tous les mois pendant trois mois ou suivant la nécessité clinique. Les patients âgés sont particulièrement sensibles à ces facteurs de risque et, en cas de constatation d’une hyponatrémie, la restriction hydrique est une contre-mesure importante.
Hypothyroïdie
Chez les patients ayant une hypothyroïdie, la carbamazépine peut diminuer la concentration des hormones thyroïdiennes via une induction enzymatique, ce qui requiert une augmentation de la dose de l’hormonothérapie thyroïdienne substitutive (HTS) chez les patients hypothyroïdiens. Un contrôle de la fonction thyroïdienne est recommandé afin d’ajuster la dose de la HTS.
En raison du risque de photosensibilité, les patients traités par carbamazépine doivent éviter une exposition excessive au soleil pendant le traitement.
Contrôle des taux plasmatiques
La survenue d’effets indésirables spécifiques au SNC peut être due à un surdosage relatif ou à une variation significative des taux plasmatiques (voir rubriques 4.8 et 4.9). Bien que les corrélations entre la posologie et les taux plasmatiques de la carbamazépine, d’une part, et entre les taux plasmatiques et l’efficacité clinique ou la tolérance, d’autre part, soient plutôt faibles, un contrôle des taux plasmatiques peut néanmoins s’avérer utile dans les situations suivantes : augmentation subite et importante du nombre de crises ; grossesse ; chez les enfants ou les adolescents ; en cas de suspicion de troubles de l’absorption ; contrôle de l’observance thérapeutique ; en cas de suspicion d’un effet toxique lors de polymédication (voir rubrique 4.5).
Réduction de la dose et arrêt du traitement
L’arrêt brutal d’un traitement par la carbamazépine peut accélérer les crises d’épilepsie. Les patients doivent être sevrés progressivement de la carbamazépine sur une période de plusieurs mois. Lorsqu’un traitement par la carbamazépine doit être interrompu subitement, le passage à un nouvel antiépileptique doit se faire sous couvert d’un médicament adapté (p. ex. benzodiazépines IV ou rectales, ou phénytoïne IV).
Interactions médicamenteuses (voir rubrique 4.5)
L’association de carbamazépine est déconseillée avec abiratérone, apixaban, aprémilast, aprépitant, bédaquiline, bictégravir, bosentan, clozapine, cyclophosphamide, cyprotérone, dabigatran, docétaxel, dolutégravir, dronédarone, érythromycine, œstroprogestatifs et progestatifs (contraceptifs), étoposide, fentanyl, idélalisib, inhibiteurs de la 5-alpha réductase, inhibiteurs de tyrosines kinases métabolisés, irinotécan, isoniazide, itraconazole, ivacaftor, lithium, macitentan, miansérine, millepertuis, naloxégol, nimodipine, olaparib, oxycodone, paclitaxel, pamplemousse (jus et fruit), praziquantel, quétiapine, ranolazine, régorafénib, rivaroxaban, rolapitant, sertraline, simvastatine, télithromycine, ténofovir alafénamide, ticagrélor, tramadol, ulipristal, vémurafénib, vinca-alcaloides cytotoxiques, vismodégib.
Effets endocrinologues
On a signalé un saignement utérin chez des femmes sous contraception hormonale qui prenaient de la carbamazépine ; la fiabilité des contraceptifs hormonaux peut être influencée négativement par la carbamazépine et il convient de conseiller aux femmes en âge de procréer d’utiliser d’autres contraceptifs lorsqu’elles prennent de la carbamazépine (voir rubrique 4.6).
Précautions d'emploi
En cas de glaucome et de rétention urinaire, d’affections hépatiques ou rénales, d’insuffisance cardiaque et chez les sujets âgés, les patients doivent être informés des risques éventuels associés à l'activité faiblement anticholinergique de la carbamazépine. La posologie de carbamazépine doit être adaptée à chaque cas. La pression intra-oculaire et la fonction rénale doivent être régulièrement contrôlées chez ces patients.
De fortes doses de carbamazépine peuvent être responsables de la réactivation d'une psychose latente et entraîner éventuellement agitation ou confusion chez le patient âgé.
L’administration de la carbamazépine doit être interrompue en cas de manifestations cutanées allergiques, d’altération de la fonction hépatique ou de modification franche de l’hémogramme faisant craindre l’apparition d’une agranulocytose ou d’une aplasie médullaire (rare).
Le médicament ne devra pas être administré à une dose supérieure à 200 mg par jour aux enfants de moins de 3 ans et, plus généralement, à dose élevée sans une étude préalable de la tolérance individuelle (voir rubrique 4.2).
Chutes
Le traitement par carbamazépine a été associé à des cas d’ataxie, étourdissements, somnolence, hypotension, état confus, sédation pouvant entraîner des chutes et, en conséquence des fractures ou autres blessures. Chez les patients atteints de maladies, dans un état ou dont le traitement peut exacerber ces effets, une évaluation complète du risque de chutes doit être effectuée régulièrement en cas de traitement à long terme.
Alcool
La prise de boissons alcoolisées n’est pas recommandée, la carbamazépine risquant d'en majorer les effets.
CARBAMAZEPINE VIATRIS L.P. 400 mg, comprimé sécable à libération prolongée contient du sodium
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par comprimé, c.-à-d. qu’il est essentiellement « sans sodium ».
Condition de prescription
liste II
Groupe générique
CARBAMAZEPINE 400 mg - TEGRETOL LP 400 mg, comprimé pelliculé sécable à libération prolongée
Liste des médicaments de ce groupe de générique.Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Non disponible
Présentation : plaquette(s) OPA : polyamide orienté aluminium PVC de 30 comprimé(s) avec fermeture de sécurité enfant
Prix : 4.59
Taux de remboursement : 65%
Titulaire : VIATRIS SANTE