MIFEGYNE 200 mg, comprimé
Classe médicamenteuse
AUTRES HORMONES SEXUELLES ET MODULATEURS DE LA FONCTION REPRODUCTRICE/ANTI-PROGESTATIFS | code ATC : G03XB01
Composition
Chaque comprimé contient 200 mg de mifépristone.
Indications thérapeutiques
1- Interruption médicamenteuse de grossesse intra-utérine évolutive.
En association séquentielle à un analogue des prostaglandines, au plus tard au 63ème jour d'aménorrhée (voir rubrique 4.2).
2- Ramollissement et dilatation du col utérin en préparation à l'interruption chirurgicale de grossesse du premier trimestre.
3- Préparation à l'action des analogues des prostaglandines dans l’interruption de grossesse pour raisons médicales (au-delà du premier trimestre).
4- Induction du travail lors de mort fœtale in utero.
Lorsque les prostaglandines ou l'ocytocine ne peuvent être utilisées.
Posologie et mode d'administration
Posologie
1- Interruption médicamenteuse de grossesse intra-utérine évolutive.
Le mode d'administration est le suivant :
- Jusqu'à 49 jours d'aménorrhée :
La mifépristone est prise en une seule dose de 600 mg (soit 3 comprimés à 200 mg) par voie orale, suivie 36 à 48 heures plus tard de l’administration d’un analogue de prostaglandine : 400 µg de misoprostol par voie orale, ou 1 mg de géméprost par voie vaginale.
En variante, on peut également utiliser en une seule dose, 200 mg de mifépristone (soit 1 comprimé à 200 mg) par voie orale, suivie 36 à 48 heures plus tard de l'administration d’un analogue de prostaglandine : 1 mg de géméprost par voie vaginale (voir rubrique 5.1 - Propriétés pharmacodynamiques).
Un ajustement de posologie pour une dose plus élevée (600 mg) est nécessaire lors d’un traitement concomitant avec un inducteur du CYP3A4 (voir rubrique 4.5 - Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions).
- De 50 à 63 jours d'aménorrhée :
La mifépristone est prise en une seule dose de 600 mg (soit 3 comprimés à 200 mg) par voie orale, suivie 36 à 48 heures plus tard de l’administration d’un analogue de prostaglandine : 1 mg de géméprost par voie vaginale.
En variante, on peut également utiliser en une seule dose, 200 mg de mifépristone (soit 1 comprimé à 200 mg) par voie orale, suivie 36 à 48 heures plus tard de l'administration d’un analogue de prostaglandine : 1 mg de géméprost par voie vaginale (voir rubrique 5.1).
Pour plus d’informations concernant la posologie du misoprostol ou du géméprost, il convient de se référer aux Résumés des Caractéristiques des Produits correspondants.
2- Ramollissement et dilatation du col utérin en préparation à l'interruption chirurgicale de grossesse du premier trimestre
La mifépristone est prise en une seule dose de 200 mg (1 comprimé) par voie orale, suivie 36 à 48 heures plus tard (mais pas au-delà) d’une interruption chirurgicale de grossesse.
3- Préparation à l'action des analogues de prostaglandines lors des interruptions de grossesse pour raisons médicales
La mifépristone est prise en une seule dose de 600 mg (soit 3 comprimés à 200 mg) par voie orale, suivie 36 à 48 heures plus tard de l’administration prévue d’une prostaglandine qui pourra être répétée aussi souvent qu’elle sera indiquée.
4- Induction du travail lors de mort fœtale in utero
La mifépristone est prise en une seule dose de 600 mg (soit 3 comprimés à 200 mg) par voie orale, par jour, pendant deux jours consécutifs.
En l’absence de début de travail, dans les 72 heures après la première prise de mifépristone, l’induction du travail sera réalisée selon les techniques habituellement utilisées.
Des vomissements moins de 45 minutes après l’administration peuvent entraîner une diminution de l’efficacité de la mifépristone : la prise orale d’une nouvelle dose de 600 mg de mifépristone (par exemple trois comprimés de 200 mg chacun) est recommandée dans ce cas.
Population pédiatrique
Peu de données sont disponibles sur l'utilisation de la mifépristone chez les adolescentes.
Mode d’administration
Les comprimés de mifépristone sont destinés exclusivement à une administration orale et aucune autre voie d'administration ne doit être utilisée.
Voie d'administration
orale
Contre-indications
Ce médicament NE DOIT JAMAIS être prescrit dans les cas suivants :
Dans toutes les indications :
- Insuffisance surrénale chronique,
- Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1,
- Asthme sévère, non contrôlé par le traitement,
- Porphyrie héréditaire.
Dans l’indication : interruption médicamenteuse de grossesse évolutive :
- Grossesse non confirmée par échographie ou biologiquement,
- Grossesse de plus de 63 jours d’aménorrhée,
- Suspicion de grossesse extra-utérine,
- Contre-indication à l’analogue de prostaglandine utilisé.
Dans l’indication : ramollissement et dilatation du col utérin en préparation à l'interruption chirurgicale de grossesse :
- Grossesse de 84 jours d'aménorrhée et plus,
- Suspicion de grossesse extra-utérine.
Dans l’indication : préparation à l'action des analogues des prostaglandines dans l’interruption de grossesse pour raisons médicales (au-delà du premier trimestre) :
Mise en garde et précautions d'emploi
Mises en garde
En raison de ses propriétés abortives, la mifépristone ne doit jamais être utilisée chez une femme enceinte qui souhaite mener sa grossesse à terme.
L'âge gestationnel doit être déterminé à partir de l’interrogatoire et de l'examen clinique de la patiente. Une échographie de l’utérus est toujours recommandée.
Des effets indésirables cutanés sévères, y compris des cas de nécrolyse épidermique toxique et de pustulose exanthématique aiguë généralisée, ont été rapportés en association avec la mifépristone (voir rubrique 4.8). Chez les patients confrontés à des effets indésirables cutanés sévères, le traitement par la mifépristone doit être immédiatement arrêté. Une reprise du traitement par la mifépristone est déconseillée.
La pharmacocinétique, la sécurité et la tolérance de 200 mg de mifépristone ont été étudiés chez des femmes présentant une insuffisance hépatique modérée par rapport à des participantes avec une fonction hépatique normale et sans autres comorbidités. Les analyses statistiques de l'ASC∞ totale et de la Cmax pour la mifépristone, le métabolite N-déméthylé, le métabolite hydroxylé et le métabolite di-déméthylé ont montré une diminution à la fois du pic global et de l'exposition chez les patientes présentant une insuffisance hépatique modérée par rapport aux participantes en bonne santé du groupe contrôle. Cette diminution de l'exposition pourrait être causée par une diminution de l'absorption et/ou de la liaison aux protéines. Cependant, les conséquences possibles d'une insuffisance hépatique modérée sur la fraction libre n'ont pas pu être déterminées. En conclusion, les conséquences cliniques de l'administration de 200 mg de mifépristone chez les patientes présentant une insuffisance hépatique modérée sont inconnues.
En l’absence d’études spécifiques, l’utilisation de mifépristone est déconseillée chez les patientes souffrant de :
- Malnutrition
- Insuffisance hépatique
- Insuffisance rénale
1- Interruption médicamenteuse de grossesse intra-utérine évolutive
Cette méthode requiert une participation active de la femme qui doit être informée des contraintes de la méthode :
- Nécessité de la prise associée d’un analogue de prostaglandine lors d’une 2ème consultation dans un délai de 36 à 48 heures après l’administration de ce médicament,
- Nécessité d’une consultation de suivi (3ème consultation) dans un délai de 14 à 21 jours après la prise de mifépristone afin de vérifier que l’expulsion a été complète,
- Possibilité d’un échec de la méthode qui impliquerait une interruption de grossesse par une autre méthode.
Si la grossesse est survenue en présence d’un dispositif intra-utérin in situ, ce dispositif doit être retiré avant l’administration de mifépristone.
- Risques inhérents à la méthode
- Échecs
Le risque non négligeable d’échecs, de l’ordre de 1,3 à 7,5 % des cas rend obligatoire la visite de contrôle destinée à vérifier si l’expulsion a été complète.
Dans de rares cas d'expulsion incomplète, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.
L'efficacité de la méthode diminue avec la parité et par conséquent avec l’âge de la femme.
- Métrorragies
La patiente doit être informée de la survenue de métrorragies prolongées, parfois abondantes, jusqu’à 12 jours après la prise de mifépristone. Les métrorragies surviennent dans la quasi-totalité des cas et ne sont nullement une preuve d’expulsion complète.
Les métrorragies peuvent avoir lieu très rapidement après la prise de misoprostol, et quelques fois plus tard :
• o Dans 60 % des cas, l’expulsion a lieu dans les 4 heures suivant la prise de misoprostol ;
• o Dans les 40 % de cas restants, l’expulsion a lieu dans les 24 à 72 heures suivant la prise de misoprostol.
Dans de rares cas, l’expulsion peut survenir avant l’administration de l’analogue de prostaglandine (environ 3 %). Cela ne dispense pas la patiente de se présenter à la visite de contrôle pour vérifier l'expulsion complète et la vacuité utérine.
On recommandera à la patiente de ne pas s’éloigner du centre médical prescripteur tant que l’expulsion complète n’aura pas été confirmée. Elle recevra des informations précises concernant qui elle devra contacter et où se rendre en cas de problèmes, notamment en cas de métrorragies très abondantes. C’est le cas de saignements qui durent plus de 12 jours et/ou qui sont plus abondants que le flux menstruel normal.
Une visite de contrôle doit avoir lieu durant la période de 14 à 21 jours faisant suite à la prise de la mifépristone, pour vérifier par un moyen adéquat (examen clinique avec dosage de β-hCG ou échographie) qu'une expulsion complète a eu lieu et que les métrorragies ont cessé. En cas de saignement persistant (même léger) au-delà de la visite de contrôle, il faudra vérifier que celui-ci a cessé après quelques jours.
En cas de doute sur la persistance de la grossesse, une échographie peut s’avérer nécessaire.
La persistance d'un saignement à ce stade peut évoquer un avortement incomplet, ou une grossesse extra-utérine passée non diagnostiquée, et doit conduire à un traitement approprié.
En raison de métrorragies sévères nécessitant un curetage hémostatique dans 0 à 1,4 % des cas lors de l'interruption médicamenteuse de grossesse, la prudence s'impose chez les patientes souffrant de troubles hémostatiques associés à une hypocoagulabilité ou une anémie. La décision de recourir à une interruption de grossesse médicamenteuse ou chirurgicale sera prise en accord avec des spécialistes en fonction du type de trouble de l’hémostase et du degré de l’anémie.
Si une grossesse évolutive est diagnostiquée après la visite de contrôle, une deuxième procédure d’interruption de grossesse sera proposée à la patiente.
- Infection
Des cas graves (incluant des cas fatals) de syndrome de choc toxique et de choc septique faisant suite à des infections par des pathogènes atypiques (comme Clostridium sordellii ou Escherichia coli) ont été rapportés après l’interruption médicamenteuse de grossesse réalisée avec 200 mg de mifépristone suivie par l'administration vaginale ou buccale non autorisée de comprimés de misoprostol.
Les cliniciens doivent être avertis de cette complication fatale potentielle.
2- Ramollissement et dilatation du col utérin en préparation à l'interruption chirurgicale de grossesse
Afin d'obtenir une efficacité thérapeutique totale, la prise de mifégyne doit être suivie 36 à 48 heures plus tard, et non au-delà, de la procédure chirurgicale d’une interruption de grossesse.
- Risques inhérents à la méthode
- Métrorragies
La patiente sera informée de la possibilité de métrorragies parfois abondantes, suivant la prise de mifégyne. Elle sera avertie de la possibilité d’expulsion survenant avant l’acte chirurgical (bien que minime). Elle sera informée du lieu où elle doit se rendre afin de vérifier l’expulsion ou en cas d’urgence.
Dans la mesure où des métrorragies sévères nécessitant un curetage hémostatique surviennent dans environ 1 % des cas, la prudence est de rigueur chez les patientes présentant des troubles hémostatiques, une hypocoagulabilité ou une anémie sévère.
- Autres risques
Ils sont ceux de toute intervention chirurgicale.
Précautions d’emploi
1- Dans tous les cas
En cas de suspicion d'insuffisance surrénale aiguë, l'administration de dexaméthasone est recommandée. 1 mg de dexaméthasone peut neutraliser l’action d’une dose de 400 mg de mifépristone.
En raison de l'activité anti-glucocorticoïde de la mifépristone, l'efficacité d'un traitement chronique par les corticostéroïdes, y compris les corticostéroïdes inhalés dans le traitement de l’asthme, peut être diminuée pendant 3 à 4 jours après la prise de mifégyne. Un ajustement thérapeutique est recommandé.
Allo-immunisation Rhésus
L’interruption médicamenteuse de grossesse nécessite la détermination du Rhésus, donc la prévention de l'allo-immunisation Rhésus, et d’une façon générale, nécessite les mesures qui sont habituellement prises lors d’une interruption de grossesse.
Initiation de la contraception après l’interruption médicamenteuse de grossesse
Durant les essais cliniques, de nouvelles grossesses ont débuté entre l’expulsion de l’embryon et la reprise des règles. Par conséquent, il est recommandé d’initier immédiatement une méthode de contraception dès que l’interruption médicamenteuse de grossesse a été médicalement confirmée.
Autres
Les précautions d’emploi relatives aux analogues des prostaglandines doivent également être respectées.
2- Interruption médicamenteuse de grossesse intra-utérine évolutive
Des accidents cardiovasculaires rares mais graves (infarctus du myocarde et/ou spasme des artères coronaires et hypotension sévère) ont été rapportés après l’utilisation d’un analogue de prostaglandines. Pour cette raison, les femmes présentant des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires (par exemple âgées de plus de 35 ans avec tabagisme chronique, hyperlipidémie, diabète) ou des affections cardiovasculaires établies doivent être traitées avec précaution.
3- Utilisation séquentielle de mifégyne - prostaglandine, quelle que soit l'indication
Les précautions d’emploi relatives aux prostaglandines utilisées doivent être respectées.
Conditions d’administration des prostaglandines
Pendant la prise du médicament et pendant les trois heures qui suivent l’administration, la patiente doit en principe être sous surveillance au centre prescripteur afin de déceler les effets éventuellement aigus de l’administration de prostaglandines. Le centre de traitement doit être équipé d’installations médicales appropriées.
Lorsqu’elles quittent le centre de traitement, toutes les femmes doivent disposer de médicaments, si nécessaire, et être complètement informées des signes et symptômes éventuels qu’elles sont susceptibles de présenter et elles doivent avoir un accès direct au centre de traitement par téléphone ou accès local.
Condition de prescription
liste I
Groupe générique
Non renseigné
Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Important
Présentation : 3 plaquette(s) PVC-Aluminium de 1 comprimé(s)
Prix : non disponible
Taux de remboursement : 0%
Titulaire : EXELGYN