IDARUBICINE ACCORD 10 mg/10 ml, solution pour perfusion
Classe médicamenteuse
Antibiotiques cytotoxiques ; anthracyclines et substances apparentées | code ATC : L01DB06
Composition
Chaque flacon de 10 ml contient 10 mg de chlorhydrate d'idarubicine.
1 ml de solution pour perfusion contient 1 mg de chlorhydrate d'idarubicine.
Indications thérapeutiques
Agent cytotoxique et antimitotique.
Adultes
- Pour le traitement de la leucémie aiguë myéloblastique (LAM), pour induire une rémission chez les patients naïfs de traitement ou pour induire une rémission chez les patients présentant une maladie récidivante ou réfractaire.
- Pour le traitement de deuxième intention de la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) récidivante.
Enfants
- Pour le traitement de première intention de la leucémie aiguë myéloblastique (LAM), en association à la cytarabine, pour l’induction de la rémission.
IDARUBICINE ACCORD peut être utilisé dans des traitements de chimiothérapie en association comprenant d'autres agents cytotoxiques (voir rubrique 4.2).
Posologie et mode d'administration
Posologie
La dose est généralement calculée en fonction de la surface corporelle (mg/m²). Voie intraveineuse.
Leucémie aiguë non lymphoblastique (LAM)
Adultes : dans la leucémie aiguë non lymphoblastique, la dose recommandée est de 12 mg/m² par IV par jour pendant 3 jours en association avec la cytarabine. Une autre posologie qui pourrait être utilisée dans la leucémie aiguë non lymphoblastique, en monothérapie ou en association, est de 8 mg/m² par IV par jour pendant 5 jours.
Enfants : la fourchette posologique recommandée est de 10-12 mg/m² par IV par jour pendant 3 jours en association à la cytarabine.
Leucémie aiguë lymphoblastique (LAL)
Adultes : en monothérapie, la dose suggérée est de 12 mg/m² par IV par jour pendant 3 jours.
Enfants : en monothérapie, la dose suggérée est de 10 mg/m² par IV. par jour pendant 3 jours.
Remarque : Ces posologies sont données uniquement à titre indicatif. Veuillez-vous reporter aux protocoles particuliers pour les posologies exactes.
Tous les schémas posologiques doivent prendre en compte l'état hématologique du patient, et les posologies des autres médicaments cytotoxiques lorsqu'ils sont utilisés en association.
Mode d’administration
L'administration intraveineuse de l'idarubicine doit être effectuée avec précautions. Il est recommandé d'administrer l'idarubicine sur une période de 5 à 10 minutes, dans la tubulure d'une perfusion intraveineuse de chlorure de sodium à 0,9 %. Cette technique permet de minimiser le risque de thrombose ou d'extravasation périveineuse qui peut conduire à une cellulite grave, une vésication et une nécrose tissulaire. L'injection directe n'est pas recommandée en raison du risque d'extravasation, qui peut se produire même avec un retour sanguin adéquat par aspiration à travers l'aiguille.
Voie d'administration
intraveineuse
Contre-indications
- Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
- Hypersensibilité à d’autres anthracyclines ou anthracènediones.
- Insuffisance hépatique grave.
- Insuffisance rénale grave.
- Infections non contrôlées.
- Cardiomyopathie grave.
- Infarctus du myocarde récent.
- Arythmies graves.
- Myélosuppression persistante.
- Traitement antérieur avec des doses cumulatives maximales d'idarubicine et/ou d'autres anthracyclines et anthracènediones (voir rubrique 4.4).
- L'allaitement doit être interrompu pendant le traitement avec ce médicament (voir rubrique 4.6).
Mise en garde et précautions d'emploi
Général
L'idarubicine doit être administrée uniquement sous la surveillance de médecins expérimentés dans l’utilisation de la chimiothérapie cytotoxique. Ceci, afin d’assurer qu’un traitement immédiat et efficace des complications graves de la maladie et/ou de son traitement (p. ex., hémorragie, infections massives) puisse être administré en cas de besoin.
Les patients doivent récupérer suite à des toxicités aiguës dues à un traitement cytotoxique antérieur (comme la stomatite, la neutropénie, la thrombocytopénie et des infections généralisées) avant de commencer le traitement par idarubicine.
Fonction cardiaque
La cardiotoxicité est un risque connu du traitement par anthracyclines qui peut se manifester sous forme d'événements précoces (c.-à-d. aigus) ou tardifs (c.-à-d. retardés)
Événements précoces (aigus)
Une cardiotoxicité précoce de l'idarubicine consiste principalement en une tachycardie sinusale et/ou des anomalies de l'électrocardiogramme (ECG), telles que des modifications non spécifiques du segment ST-T. Une tachyarythmie, y compris des ventriculaires prématurés et une tachycardie ventriculaire, une bradycardie, et un bloc de branche et auriculo-ventriculaire ont également été signalés. Ces effets ne permettent généralement pas de prédire le développement ultérieur de cardiotoxicité retardée, sont rarement d'importance clinique, et ne constituent habituellement pas un motif d'arrêt du traitement par idarubicine.
Événements tardifs (retardés)
Une cardiotoxicité tardive se développe généralement à un stade avancé au cours du traitement ou dans les 2 à 3 mois de la fin du traitement, mais des événements ultérieurs, plusieurs mois à quelques années après la fin du traitement, ont également été signalés. Une cardiomyopathie se présente comme une réduction de la fraction d'éjection ventriculaire gauche (FEVG) et/ou des signes et des symptômes d'insuffisance cardiaque congestive, tels qu'une dyspnée, un œdème pulmonaire, un œdème dépendant, une cardiomégalie, une hépatomégalie, une oligurie, des ascites, un épanchement pleural et un bruit de galop. Des effets subaigus tels qu'une péricardite/myocardite ont également été signalés. L'insuffisance cardiaque congestive potentiellement mortelle est la forme la plus grave de cardiomyopathie induite par des anthracyclines et représente un risque de toxicité cumulative limitant la posologie maximale de ce médicament.
Les limites de dose cumulatives du chlorhydrate d’idarubicine par voie IV ou orale n'ont pas été définies. Cependant, une cardiomyopathie liée à l'idarubicine a été rapportée chez 5 % des patients ayant reçu des doses cumulatives IV de 150 à 290 mg/m². Les données disponibles concernant des patients traités par le chlorhydrate d’idarubicine par voie orale jusqu'à 400 mg/m² suggèrent une faible probabilité de cardiotoxicité.
La fonction cardiaque doit être évaluée avant le traitement par idarubicine et doit être surveillée tout au long de la thérapie pour réduire le risque d'insuffisance cardiaque sévère. Le risque peut être réduit par un suivi régulier de la FEVG pendant le traitement, avec un arrêt rapide de l'idarubicine au premier signe d'altération de la fonction. Des méthodes quantitatives appropriées pour l'évaluation répétée de la fonction cardiaque (évaluation de la FEVG) comprennent la ventriculopathie isotopique (MUGA)ou l'échocardiographie (ECHO). Une évaluation cardiaque initiale consistant en un électrocardiogramme accompagné par une scintigraphie cardiaque ou myocardique, ou un échocardiogramme, est recommandée, en particulier chez les patients présentant des facteurs de risque de cardiotoxicité élevés.
Des déterminations répétées de la FEVG par MUGA ou ECHO doivent être réalisées en particulier lors de l’utilisation de doses élevées et cumulatives d'anthracyclines. La technique utilisée pour l'évaluation doit être cohérente tout au long du suivi.
Les facteurs de risque de toxicité cardiaque comprennent les maladies cardiovasculaires évolutives ou latentes, une radiothérapie antérieure ou concomitante de la région médiastinale/péricardique, une thérapie antérieure avec d'autres agents anthracyclines ou anthracènedione, et l'utilisation concomitante de médicaments capables de supprimer la contractilité cardiaque ou des médicaments cardiotoxiques (par exemple trastuzumab). Les anthracyclines, y compris l'idarubicine, ne doivent pas être administrées en association avec d'autres agents cardiotoxiques, sauf si la fonction cardiaque du patient est étroitement surveillée (voir rubrique 4.5). Les patients recevant des anthracyclines après l'arrêt du traitement avec d'autres agents cardiotoxiques, en particulier ceux avec de longues demi-vies, comme le trastuzumab, peuvent également présenter un risque accru de développer une cardiotoxicité. La demi-vie rapportée du trastuzumab est variable. Le trastuzumab peut persister dans la circulation jusqu'à 7 mois après l’arrêt du traitement. Par conséquent, les prescripteurs doivent éviter, lorsque cela est possible, les traitements contenant une anthracycline pendant les 7 mois qui suivent l’arrêt du trastuzumab. Si cela n’est pas possible, la fonction cardiaque du patient doit être surveillée attentivement.
Le suivi de la fonction cardiaque doit être particulièrement strict chez les patients traités avec des doses cumulatives élevées et ceux présentant des facteurs de risque. Néanmoins, la toxicité cardiaque associée à l’idarubicine peut survenir avec des doses cumulatives plus faibles, que des facteurs de risque soient présents ou non.
Les nourrissons et les enfants semblent présenter une plus grande susceptibilité à la toxicité cardiaque induite par les anthracyclines et leur fonction cardiaque doit faire l’objet d’une surveillance régulière à long terme
Il est probable que la toxicité de l’idarubicine et des autres anthracyclines ou des anthracènedione soit additive.
Toxicité hématologique
L'idarubicine est un inhibiteur puissant de la moelle osseuse. Une myélosuppression grave se produira chez tous les patients recevant une dose thérapeutique de ce médicament.
Les profils hématologiques doivent être évalués avant et pendant chaque cycle de traitement par idarubicine, y compris une numération formule leucocytaire différentielle.
Une leucopénie et/ou une granulocytopénie (neutropénie) réversibles dépendantes de la dose sont les manifestations principales de la toxicité hématologique de l'idarubicine, et constituent la plus fréquente toxicité aiguë limitant la dose de ce médicament.
La leucopénie et la neutropénie sont généralement graves ; une thrombocytopénie et une anémie peuvent également survenir. Les nadirs des numérations des neutrophiles et plaquettaires sont normalement atteints 10 à 14 jours après l'administration ; cependant, les numérations cellulaires retournent généralement à la normale au cours de la troisième semaine.
Pendant la phase de myélosuppression grave, des décès dus à des infections et/ou des hémorragies ont été signalés.
Les conséquences cliniques de la myélosuppression grave comprennent la fièvre, les infections, la septicémie, le choc septique, l'hémorragie, l'hypoxie tissulaire ou la mort. Si une neutropénie fébrile survient, le traitement par un antibiotique IV est recommandé.
Leucémie secondaire
La leucémie secondaire, avec ou sans phase préleucémique, a été rapportée chez des patients traités par anthracyclines, y compris l'idarubicine. La leucémie secondaire est plus fréquente lorsque ces médicaments sont administrés en association avec des agents antinéoplasiques endommageant à l'ADN, lorsque les patients ont reçu un traitement intensif préalable avec des médicaments cytotoxiques, ou lorsque les doses d'anthracyclines ont été augmentées. Ces leucémies peuvent avoir une période de latence de 1 à 3 ans.
Fonction gastro-intestinale
L'idarubicine est émétogène.
Une mucite (principalement une stomatite, ou moins fréquemment une œsophagite) fait généralement son apparition rapidement après l’administration du médicament et, si elle est grave, elle peut évoluer en l’espace de quelques jours vers une ulcération des muqueuses. La plupart des patients récupèrent de cet effet indésirable dans la troisième semaine de traitement.
De temps en temps, des épisodes gastro-intestinaux graves (comme une perforation ou des saignements) ont été observés chez les patients recevant de l'idarubicine par voie orale qui souffraient de leucémie aiguë, ou d'antécédents d'autres pathologies, ou qui avaient reçu des médicaments connus pour entraîner des complications gastro-intestinales. Chez les patients souffrant d'une maladie gastro-intestinale évolutive avec un risque accru de saignements et/ou de perforation, le médecin doit évaluer le rapport bénéfice/risque du traitement avec de l'idarubicine par voie orale.
Fonctions hépatique et rénale
Puisqu'une altération de la fonction hépatique et/ou rénale peut affecter l’élimination de l'idarubicine, les fonctions hépatique et rénale doivent être évaluées au moyen de tests de laboratoire clinique classiques (en utilisant la bilirubinémie et la créatininémie comme indicateurs) avant et pendant le traitement. Dans plusieurs essais cliniques de phase III, le traitement a été contre-indiqué si la bilirubinémie et/ou la créatininémie dépassaient 2,0 mg/dl. Avec d'autres anthracyclines, une réduction de 50 % de la dose est généralement utilisée si les taux de bilirubine se situent entre 1,2 et 2,0 mg/dl.
Effets sur le site d'injection
Une phlébosclérose peut se produire suite à une injection dans un petit vaisseau sanguin ou à des injections antérieures dans la même veine. L’adhérence aux procédures d’administration recommandées peut minimiser le risque de phlébite/thrombophlébite au point d’injection.
Extravasation
Une extravasation d'idarubicine lors de l'injection intraveineuse peut provoquer des douleurs localisées, des lésions tissulaires graves (vésication, cellulite grave) et une nécrose. Si des signes ou des symptômes d'extravasation se produisent pendant l'administration intraveineuse d'idarubicine, la perfusion du médicament doit être immédiatement arrêtée.
En cas d'extravasation, le dexrazoxane peut être utilisé pour prévenir ou réduire les lésions tissulaires.
Syndrome de lyse tumorale
L'idarubicine peut induire une hyperuricémie à la suite d'un vaste catabolisme des purines, qui accompagne la lyse rapide induite par les médicaments des cellules néoplasiques (« syndrome de lyse tumorale »). Les taux sériques d'acide urique, de potassium, de phosphate de calcium et de créatinine doivent être évalués après le traitement initial. L'hydratation, l'alcalinisation des urines et la prophylaxie par allopurinol pour prévenir l'hyperuricémie peuvent minimiser les complications potentielles du syndrome de lyse tumorale.
Effets immunosuppresseurs/sensibilité accrue aux infections
L'administration de vaccins vivants ou de vaccins vivants atténués (comme le vaccin contre la fièvre jaune) chez les patients immunodéprimés par des agents de chimiothérapie, dont l’idarubicine, peut entraîner des infections graves ou mortelles. La vaccination avec un vaccin vivant doit être évitée chez les patients recevant de l’idarubicine. Des vaccins tués ou inactivés peuvent être administrés ; cependant, la réponse à ces vaccins peut être réduite.
Système reproducteur
Les hommes traités par chlorhydrate d'idarubicine sont invités à prendre des mesures contraceptives efficaces pendant le traitement et, si approprié et disponible, d'obtenir des conseils sur la conservation du sperme en raison de la possibilité d'infertilité irréversible provoquée par le traitement (voir rubrique 4.6).
Autre
Comme avec d'autres agents cytotoxiques, des cas de thrombophlébite et d'événements thromboemboliques, y compris une embolie pulmonaire, ont été rapportés avec l'idarubicine.
Les patients doivent être informés que ce médicament peut provoquer une coloration rouge de l'urine pendant 1 à 2 jours après l'administration.
Sodium
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par flacon, c’est-à-dire qu’il est essentiellement « sans sodium ».
Condition de prescription
médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement
Groupe générique
IDARUBICINE (CHLORHYDRATE D') 1 mg/ml - ZAVEDOS 10 mg/10 ml, solution pour perfusion (flacon de 10 ml)
Liste des médicaments de ce groupe de générique.Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Important
Présentation : 1 flacon(s) en verre de 10 ml
Prix : non disponible
Taux de remboursement : 0%
Titulaire : ACCORD HEALTHCARE FRANCE