ROCURONIUM B.BRAUN 10 mg/ml, solution injectable
Classe médicamenteuse
CURARE (RELAXANT MUSCULAIRE).(M: système locomoteur) | code ATC : M03AC09
Composition
Bromure de rocuronium................................................................................................................. 10 mg
Pour 1 mL de solution injectable.
Une ampoule de 5 mL de solution contient 50 mg de bromure de rocuronium.
Excipient à effet notoire : sodium
Indications thérapeutiques
Le bromure de rocuronium est indiqué chez les adultes et la population pédiatrique (du nouveau-né né à terme à l’adolescent (âgés de 0 à 18 ans)) comme adjuvant de l'anesthésie générale, pour faciliter l'intubation trachéale au cours de l’induction de routine et assurer la relaxation musculaire pendant l’opération.
Chez l’adulte, le bromure de rocuronium est également indiqué pour faciliter l'intubation trachéale pendant une induction rapide et comme adjuvant dans les unités de soins intensifs pour faciliter l'intubation trachéale et la ventilation mécanique pour un usage de courte durée.
Posologie et mode d'administration
Le bromure de rocuronium ne doit être administré que par des anesthésistes ou des praticiens familiarisés avec l'utilisation et l'action des curares, ou sous leur contrôle. Du matériel d'intubation trachéale, d'assistance respiratoire, d'oxygénation artérielle adéquat et le monitorage instrumental de la curarisation doivent être disponibles.
Mode d’administration
Le bromure de rocuronium doit être administré par voie intraveineuse, en bolus ou en perfusion continue (voir aussi la rubrique 6.6).
Le bromure de rocuronium doit être employé sous contrôle d’un monitorage instrumental de la curarisation estimant le degré de relâchement musculaire pendant l’injection et à l’arrêt du traitement afin d’évaluer le niveau de récupération du bloc neuromusculaire dans le but notamment de poser l’indication éventuelle d’une décurarisation pharmacologique.
Posologie
Comme avec tous les autres curarisants, la posologie du bromure de rocuronium doit être adaptée à chaque patient. Elle dépend de la méthode d’anesthésie associée (avec ou sans agent anesthésique halogéné), du type de chirurgie (niveau du blocage neuromusculaire requis), de la durée présumée de l’intervention, des interactions éventuelles avec d’autres médicaments administrés avant ou pendant l’anesthésie et du statut pathologique du patient (insuffisance rénale et/ou hépatique en particulier). L’utilisation d’un monitorage instrumental de la curarisation est recommandée lors du blocage neuromusculaire et de la phase de décurarisation (voir rubrique 4.4).
Les anesthésiques volatils potentialisent l’action des myorelaxants non dépolarisants tels que le bromure de rocuronium. Cette potentialisation ne devient cliniquement significative au cours de l’anesthésie que lorsque les anesthésiques volatils ont atteint une certaine concentration tissulaire.
Il est donc conseillé d’ajuster les doses de bromure de rocuronium en diminuant les doses d’entretien, en espaçant les intervalles d’administration ou en diminuant la vitesse de perfusion au cours des interventions chirurgicales longues (supérieures à 1 heure) où de tels anesthésiques sont utilisés (voir rubrique 4.5).
Adultes
Les posologies suivantes sont proposées à titre indicatif. Elles donnent les doses de bromure de rocuronium à injecter pour l'intubation trachéale et pour obtenir une relaxation musculaire satisfaisante en chirurgie de courte à longue durée. Elles doivent être adaptées à chaque patient en fonction des données fournies par le monitorage instrumental de la curarisation.
Intubation trachéale
La dose d'intubation de 0,6 mg de bromure de rocuronium par kg permet d'intuber la plupart des patients en 60 secondes.
Fortes doses
S’il s’avère nécessaire d’utiliser des doses plus importantes chez certains patients, des doses initiales allant jusqu’à 2 mg/kg de bromure de rocuronium ont été administrées en chirurgie sans qu’il ne soit rapporté d’effets indésirables cardiovasculaires. L’administration de ces doses élevées de bromure de rocuronium diminue le délai d’action et augmente la durée d’action (voir rubrique 5.1).
Dose d’entretien
La dose d'entretien recommandée est de 0,15 mg de bromure de rocuronium par kg ; lors de l'utilisation au long cours d'anesthésiques volatiles, la dose est ramenée de 0,075 à 0,1 mg/kg. Il est préférable d'administrer ces doses d'entretien lorsque la réponse musculaire à une stimulation-test unique ("single twitch") est revenue à 25 % de la réponse de contrôle ("twitch de contrôle") ou lorsqu'apparaissent 2 ou 3 réponses au train de quatre.
Perfusion continue
Après une dose d'intubation de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium, une perfusion continue peut être mise en route lorsque le bloc neuromusculaire induit par la dose d'intubation commence spontanément à régresser. Le débit de la perfusion doit être ajusté de façon à maintenir une réponse au "single twitch" à 10 % par rapport au "twitch de contrôle" ou 1 ou 2 réponses au train de quatre. Chez l'adulte, le débit de la perfusion est de 0,3 à 0,6 mg/kg/h sous anesthésie intraveineuse et de 0,3 à 0,4 mg/kg/h sous halogénés pour maintenir ce niveau de blocage neuromusculaire.
Il est essentiel de surveiller en permanence le blocage neuromusculaire du fait de la variabilité des posologies d'un patient à un autre et selon la méthode d'anesthésie utilisée.
Utilisation en pédiatrie
Chez le nouveau-né (0-27 jours), le nourrisson (28 jours - 2 mois), le bébé (3-23 mois), l’enfant (2 -11 ans) et l’adolescent (12 - 17 ans), la dose d’intubation recommandée au cours d’une anesthésie de routine et la dose d’entretien sont similaires à celles recommandées chez l’adulte.
Cependant, la durée d'action de l’injection d'une dose d'intubation sera plus longue chez le nouveau-né et le nourrisson que chez l'enfant (voir rubrique 5.1).
En perfusion continue, les vitesses de perfusion sont les mêmes que chez l’adulte, sauf pour l’enfant (de 2 à 11 ans). Chez l’enfant âgé de 2 à 11 ans, des vitesses de perfusion plus élevées peuvent être nécessaires.
Ainsi, chez l’enfant de 2 à 11 ans, les mêmes vitesses de perfusion initiales que chez l’adulte sont recommandées, mais elles doivent être ajustées pour maintenir une réponse au twitch à 10% du twitch de contrôle ou pour maintenir 1 à 2 réponses à la stimulation au train-de-quatre pendant l’acte.
En pédiatrie, l'expérience avec le bromure de rocuronium en induction à séquence rapide est limitée. En conséquence, le bromure de rocuronium n'est pas recommandé pour faciliter l'intubation trachéale au cours d'une induction à séquence rapide dans la population pédiatrique.
Utilisation en gériatrie, chez les patients insuffisants hépato-biliaires ou rénaux
La dose d'intubation pour ces patients est la dose standard de 0,6 mg/kg. La dose d'entretien est de 0,075 à 0,1 mg/kg et le débit de perfusion de 0,3 à 0,4 mg/kg/h (voir le paragraphe « Perfusion continue » et rubrique 4.4).
Utilisation chez le patient à surcharge pondérale ou obèse
Chez le patient avec surcharge pondérale ou chez le patient obèse (poids corporel supérieur à 30 % ou plus par rapport au poids idéal), les doses de bromure de rocuronium doivent être réduites en tenant compte du poids idéal.
Voie d'administration
intraveineuse
Contre-indications
Hypersensibilité au rocuronium ou à l’ion bromure ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1
Mise en garde et précautions d'emploi
Mises en garde spéciales
Chaque ampoule de bromure de rocuronium est à usage unique et réservé à un seul patient.
Le bromure de rocuronium entraînant une paralysie des muscles respiratoires, il est obligatoire d’avoir recours à une ventilation assistée chez les patients traités par ce médicament jusqu’à décurarisation complète estimée par des tests instrumentaux et cliniques (monitorage de la curarisation). En cas de difficultés de contrôle des voies aériennes (difficultés d’intubation, ventilation au masque impossible notamment) après l’administration de rocuronium, l’utilisation de sugammadex à dose adaptée peut être envisagée.
Comme avec tous les curares non dépolarisants, une curarisation résiduelle a été rapportée avec le bromure de rocuronium. Afin de prévenir les complications liées à la curarisation résiduelle, il est recommandé de procéder à l’extubation seulement après que le patient ait suffisamment récupéré du bloc neuromusculaire. Les patients âgés (65 ans ou plus) peuvent présenter un risque accru de bloc neuromusculaire résiduel. Les autres facteurs pouvant être à l’origine d’une curarisation résiduelle après le retrait de la sonde d’intubation de la trachée (comme certaines interactions médicamenteuses ou l’état du patient) doivent être pris en considération. L’utilisation d’un agent décurarisant (les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase ou sugammadex) est indiquée en cas de curarisation résiduelle.
Il est essentiel de vérifier que le patient respire spontanément, profondément et régulièrement avant de le conduire en salle de réveil. Les modalités d’administration de ces agents décurarisants sont guidées par le monitorage instrumental de la curarisation (voir rubriques 4.9 et 5.1).
Des réactions anaphylactiques après administration de curares ont été décrites. Bien que celles-ci ne se produisent que très rarement avec le bromure de rocuronium, il est nécessaire d’évoquer leur survenue éventuelle et de prendre les mesures adéquates. Il convient de prendre des précautions particulières en cas d’antécédents connus de réactions anaphylactiques aux curares, une réactivité allergique croisée pouvant se produire avec ces agents.
Généralement, après utilisation sur une longue durée de myorelaxants en unité de soins intensifs, des paralysies prolongées et/ou une faiblesse des muscles striés ont été notées. Afin de prévenir une prolongation possible du bloc neuromusculaire et/ou un surdosage, il est fortement recommandé d’utiliser un monitorage expérimental de la curarisation tout au long de l’utilisation des myorelaxants dans le contexte de la réanimation.
De plus, les patients doivent recevoir une analgésie adaptée et être sédatés. Enfin, la dose de myorelaxant doit être ajustée individuellement pour chaque patient par un praticien expérimenté familiarisé avec leur action et avec les techniques appropriées de monitorage du bloc neuromusculaire, ou sous son contrôle.
Des myopathies ont été fréquemment rapportées après l’administration au long cours, dans les unités de soins intensifs, de curares non dépolarisants associés à une corticothérapie. Par conséquent, chez les patients recevant à la fois des myorelaxants et des corticoïdes, la durée d’utilisation du myorelaxant doit être la plus courte possible (voir rubrique 4.5).
Précautions d'emploi
En cas d'utilisation de suxaméthonium pour l'intubation, l'administration de bromure de rocuronium doit être retardée jusqu'à décurarisation clinique du bloc neuromusculaire induit par le suxaméthonium.
Les conditions suivantes peuvent modifier les caractéristiques pharmacocinétiques et/ou pharmacodynamiques du bromure de rocuronium:
Atteinte hépatique et/ou des voies biliaires et insuffisance rénale
L'élimination du bromure de rocuronium étant urinaire et biliaire, il doit être utilisé avec précautions chez les patients présentant une atteinte hépatique et/ou des voies biliaires cliniquement significative et/ou une insuffisance rénale. Chez ces patients une prolongation de l'action a été observée avec des doses de 0,6 mg de bromure de rocuronium par kg. Il n'y a pas de données chez les patients insuffisants hépatiques sévères.
Anomalies circulatoires
Lorsqu'il existe un allongement du temps de circulation (maladies cardiovasculaires, sénescence, œdème avec augmentation du volume de distribution), il peut y avoir une augmentation du délai d'action. La durée d’action peut également être prolongée du fait de la réduction de la clairance plasmatique.
Affections neuromusculaires
Comme avec les autres curares non dépolarisants, le bromure de rocuronium doit être utilisé avec prudence chez les patients atteints d’affections neuromusculaires (myasthénie), musculaire (myopathie) ou en présence d’une séquelle motrice (parésie, plégie) à distance d’un accident aigu (traumatisme médullaire, poliomyélite, immobilisation prolongée notamment). Dans ces cas, la réponse aux curares non dépolarisants peut être modifiée. L’importance et la nature de ces changements sont variables. Chez les patients souffrant de myasthénie, de syndrome myasthénique (Lambert-Eaton) ou de myopathie, la sensibilité au bromure de rocuronium est augmentée (réduction des besoins). En cas de séquelle motrice, il existe une diminution de la sensibilité du territoire concerné (augmentation des besoins). En cas d’utilisation du bromure de rocuronium dans ces situations, il est recommandé de titrer la dose à l’aide d’un monitorage instrumental de la curarisation.
Hypothermie
Comme avec tous les curares non dépolarisants, l’hypothermie potentialise l’effet de blocage neuromusculaire du bromure de rocuronium. Le monitorage instrumental de la curarisation permet d’évaluer cette interaction.
Utilisation chez le patient à surcharge pondérale ou obèse
Comme avec tous les curares non dépolarisants, un allongement de la durée d’action peut être observé lors de l’utilisation du bromure de rocuronium chez les patients obèses lorsque la dose est calculée sur le poids réel.
Chez le patient avec surcharge pondérale ou chez le patient obèse (excès de poids supérieur à 30 % ou plus par rapport au poids idéal), les doses doivent être réduites en se basant sur le poids théorique.
Brûlés
Ces patients développent généralement une résistance aux curares non dépolarisants. Il convient donc d’ajuster la posologie du bromure de rocuronium en fonction de la réponse.
Conditions pouvant augmenter les effets du bromure de rocuronium
Hypokaliémie (par exemple après des vomissements importants, des diarrhées ou un traitement diurétique), hypermagnésémie, hypocalcémie (après des transfusions massives), hypoprotidémie, déshydratation, acidose et hypercapnie.
Des perturbations électrolytiques significatives, des modifications du pH sanguin ou une déshydratation doivent donc être corrigées dans la mesure du possible.
Chez les patients recevant du sulfate de magnésium, la posologie du bromure de rocuronium doit être réduite et adaptée en fonction des données du monitorage instrumental de la curarisation.
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par ampoule, c'est-à-dire qu’il est essentiellement sans sodium.
Condition de prescription
réservé à l'usage HOSPITALIER
Groupe générique
BROMURE DE ROCURONIUM 10 mg/ml - ESMERON 25 mg/2,5 ml, solution injectable (FLACON de 2,5 ml).
Liste des médicaments de ce groupe de générique.Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Important
Présentation : 20 ampoule(s) polyéthylène basse densité (PEBD) de 5 ml
Prix : non disponible
Taux de remboursement : 0%
Titulaire : B BRAUN MELSUNGEN